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Des bombes à retardement: David Lisnard dénonce une spirale de dépenses pré-électorales

Maire LR de Cannes, président de l’Association des maires de France, David Lisnard s’alarme ce mercredi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story de l’envolée des dépenses publiques.

Un nouveau coup de pouce de l’Etat. Face à l’augmentation des prix des carburants, Jean Castex a annoncé le relèvement de 10% du barème de l'indemnité kilométrique, qui pourrait aider 2,5 millions d’automobilistes. "La décision sur les indemnités kilométriques est plutôt bonne mais il y a beaucoup de personnes qui ne vont pas voir leur situation s’améliorer, souligne le maire LR de Cannes, David Lisnard, également président de l’Association des maires de France, dans ‘Apolline Matin’ ce mercredi sur RMC et RMC Story. Je pense à des employés de commerce qui font 30 bornes tous les jours et ne sont pas forcément imposables."

Mais au-delà de cette mesure, David Lisnard s’alarme de la vague de dépenses publiques. "On paye l’absence de stratégie énergétique depuis de nombreuses années, qui fait qu’aujourd’hui on est en apnée à chaque épisode conjoncturel, explique-t-il. On voit la dépendance croissante de la France parce qu’on a abandonné une ambition nucléaire, parce qu’on est en train de sacrifier EDF pour des mesures pré-électorales conjoncturelles. On est dans une spirale de dépenses pré-électorales qui accentue un phénomène de déclassement du pays. On va avoir des bombes à retardement, quel que soit le président, l’exécutif, le parlement, dans quelques mois et quelques années. C’est explosif."

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David Lisnard: "Il va falloir remettre de l’ordre, au moins sur dix ans, dans le pays"

"Quand vous regardez le déficit commercial, il s’est accentué, donc on devient de plus en plus dépendant du reste du monde, ajoute le maire de Cannes. Le déficit de l’Etat a commencé à se re-dégrader à partir de 2018, avant le Covid. On peut raconter tout ce qu’on veut, dire toute la journée qu’on est les champions du monde, il y a des réalités factuelles, mesurables, qui vont à un moment donné nous exploser à la figure. Il va falloir remettre de l’ordre, au moins sur dix ans, dans le pays."

Selon David Lisnard, "ça renvoie aussi au problème de la politique monétaire". "Depuis des années, et c’est bien antérieur à ce gouvernement, on injecte de la masse monétaire, rappelle-t-il. Ce n’est pas connecté à un processus de production de biens et de services. Ça crée de l’inflation, qui touche d’abord les ménages modestes sur trois facteurs : le logement, la nourriture, l’énergie. Et ça touche tout le pays, toutes les classes moyennes. L’étape suivante, c’est la hausse des taux d’intérêt. On affrontera l’étape suivante de façon très faible, parce qu’on a une sur-dette, des déficits structurels et parce qu’on est déjà surfiscalisé." "Il faut en être conscient pour redresser la barre, explique David Lisnard. Il y a une réalité quotidienne et une réalité macro-économique, le déclassement de la France, dont il faut sortir."

LP