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Ecole: comment font nos voisins européens face au Covid

Dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré a fait le point sur la lutte contre le Covid à l’école dans les autres pays européens.

Comme attendu, la grève a été très suivie ce jeudi à l’Education nationale. Les syndicats protestent contre le protocole sanitaire. De son côté, le gouvernement affirme que la France peut se vanter d'être un des pays qui a le moins fermé ses écoles. Est-ce que c’est vrai ?

Nous sommes effectivement un des pays qui a le moins fermé ses écoles. En Europe, seules la Suisse et l’Islande ont réussi à maintenir plus que nous leurs activités scolaires. A l’été dernier, selon les chiffres de l’Unesco, la France avait fermé ses écoles 12 semaines depuis le tout début de l'épidémie. Bien moins que la Grande-Bretagne, la Belgique, le Portugal, qui ont fermé deux fois plus que nous, autour de 25 semaines. Et trois fois plus en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, au Danemark. Dans tous ces grands pays européens, les élèves sont restés à la maison entre 31 et 38 semaines, c'est-à-dire pas loin d’une année scolaire manquée en deux ans.

Sans parler des Etats-Unis et du Canada, qui ont fermé leurs écoles plus de 50 semaines. Soit la moitié du temps depuis l’apparition de l’épidémie.

Bref, le gouvernement ne ment pas quand il dit que la France a préservé l'éducation plus que la plupart des pays comparables… Jean-Michel Blanquer a encore déclaré ce mercredi que la France devait être fière de ce résultat. Sauf qu’en réalité aujourd’hui, ce n’est plus le débat. La France a maintenu ses établissements scolaires ouverts plus que d’autres, surtout l'hiver dernier. Mais depuis la rentrée de septembre, tout le monde est sur la même ligne.

Malgré la vague du variant Omicron, tous les pays européens ont maintenu les écoles ouvertes. Même l'Autriche, qui a été le premier à reconfiner. Même l'Angleterre, qui a été le premier touché par cette nouvelle vague.

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Un consensus européen sur le sujet

Maintenir les écoles ouvertes, c’est une "priorité absolue", a déclaré le ministre anglais de l’Education. Son homologue allemande dit la même chose: "C’est une question d’égalité des chances, tout sera fait pour ne plus fermer les écoles allemandes". Le Premier ministre italien Mario Draghi est sur la même ligne. Il n’y a qu’en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas et dans quelques régions italiennes que l’on a un peu rallongé les vacances de Noël. Mais un peu seulement, quelques jours avant ou après les vacances.

Mais à part ça, il y a donc maintenant un consensus européen sur le sujet. Laisser les enfants chez eux, c’est trop grave, trop dévastateur. Mieux vaut prendre le risque de faire courir le virus. Le débat porte donc plutôt désormais sur les protocoles sanitaires. Quand Jean Michel Blanquer dit "Regardez, on a été très fort, on a maintenu les écoles ouvertes", les profs lui répondent: "Ce n’est pas la question. La question, ce sont les protocoles sanitaires illisibles ou le manque de moyens pour aérer et filtrer l’air".

Comment ça se passe chez nos voisins ? Il y a des pays beaucoup moins stricts. En Angleterre, le masque n’est pas porté dans les salles de classes. Il est seulement obligatoire dans les couloirs et seulement pour les plus de 11 ans.

Pareil en Suède ou aux Pays-Bas, pas de masque, ni pour les élèves ni pour les profs. Pour les tests, les règles sont souvent aussi compliquées qu’en France : au Luxembourg, les élèves sont testés tous les jours à l’école. Et ce sont les instituteurs qui s’en chargent. Et quasiment toutes les classes sont équipées d’un capteur qui fait bip lorsqu'il faut ouvrir les fenêtres.

En Autriche, on teste toute la classe, on mélange les échantillons et on les envoie au laboratoire. Si c’est positif, on reteste les élèves un par un pour trouver celui qui est contaminé. Mais si c’est négatif, on a fait une grosse économie en ne faisant qu’un test au lieu de 25…

En Allemagne, on teste les enfants avec un prélèvement salivaire, dans la bouche. Au Danemark, c’est dans la gorge. En Belgique, il n’y a aucune obligation de test. Seulement une lettre de recommandation lorsqu’il y a un cas positif dans la classe.

En Italie, c’est très compliqué. En maternelle, on ferme la classe au premier cas. En primaire, on ne ferme pas mais on dépiste tous les élèves. Au secondaire, dès le deuxième cas, on impose le port du masque FFP2. Bref, on sent bien que dans toute l'Europe, on tâtonne, et on se cherche face à cette situation inédite.

Nicolas Poincaré