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"Pagaille" à l'école: le mouvement de grève très suivi

Une grève contre les protocoles sanitaires à l'école, très suivie ce jeudi partout en France, provoque une situation de "pagaille".

"Une pagaille indescriptible" dans les écoles: directeurs d'écoles, enseignants et inspecteurs montent au créneau et font grève ce jeudi. Le mouvement sera très suivi avec 75% de professeurs du premier degré grévistes selon le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

11 organisations syndicales, unanimement, se joignent pour dénoncer "un sentiment fort d'abandon et de colère parmi les personnels". Même la FCPE, un syndicat de parents d'élèves, ainsi que les syndicats d'inspecteurs académiques, qui se mobilisent très rarement.

Les personnels de l'Education nationale dénoncent quatre protocoles sanitaires à l'école en moins de dix jours, plus de 10.000 classes fermées et des chiffres de contaminations qui galopent.

Les parents d'élèves appellent exceptionnellement à ne pas envoyer les enfants à l'école

Mais aussi un manque de moyens pour lutter contre le virus : certains enseignants dénoncent l'absence de purificateurs d'air dans les classes, ou encore de masques chirurgicaux.

Côté parents, beaucoup comprennent, d'autres trouvent ça quand même très difficile de devoir sauter une journée de travail pour pouvoir garder les enfants. Mais, fait rare, même la FCPE, fédération de parents d'élèves, appelle les familles à "ne pas envoyer les enfants" en classe jeudi, et à se joindre aux manifestations.

Même les inspecteurs font grève

Les syndicats des inspecteurs de l'Education nationale ont eux aussi appelé à la grève. C'est également un type de mobilisation très rare dans ce corps de métier, comme l'explique Patrick Roumagnac, inspecteur de l'Education nationale en Auvergne et représentant du syndicat de l'inspection de l'éducation nationale SIEN-UNSA. Mais pour lui, il est temps de poser une alerte.

"Il y a un énorme problème au niveau de l'école. Au quotidien, on a des directeurs qui appellent des inspecteurs, et qui sont en larmes, et qui n'arrivent plus à tenir.
Il faut donner de la sérénité et laisser les enseignants assimiler les consignes qui arrivent. Il faut aussi donner de la souplesse, faire confiance au terrain et faire confiance aux enseignants.
Et là on a l'effet inverse on nous pose en permanence des consignes supplémentaires qui deviennent d'un technocratisme absolu. Où est l'école de la confiance dont Jean-Michel Blanquer parlait en premier?"
La rédaction avec J.A.