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Chèque inflation: "Les gens veulent faire 35h mais vivre comme s’ils gagnaient 3.000 euros"

Dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, Mathieu, un auditeur, s’est alarmé du nouveau chèque inflation annoncé par le gouvernement pour aider les plus modestes à la rentrée.

Le chèque inflation est-il une bonne réponse ? Pour Mathieu, un auditeur RMC, c’est "non". Alors que la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé ce mardi un nouveau coup de pouce pour les Français les plus modestes à la rentrée, pour les aider à lutter contre la hausse des prix, ce routier, installé dans le Morbihan, s’alarme du signal envoyé.

"Plus ça va, plus je vois la France comme un pays d’assistés, explique-t-il dans ‘Apolline Matin’ ce mercredi sur RMC et RMC Story. Pour avoir 150 euros sur un mois, si on remet ça sur un an, ça fait un peu plus de 10 euros par mois. Si les gens veulent gagner 10 euros de plus par mois, ils n’ont qu’à faire deux heures supplémentaires dans leur mois. Il y a du boulot en France. Les gens veulent faire 35 heures mais ils veulent vivre comme des gens qui gagnent 3.000 euros. Moi, je n’ai pas de honte à le dire, pour gagner 3.000 euros, je fais mes 50, 55 heures par semaine."

"On va faire de la France un pays d’assistés"

Pour ce chauffeur poids lourd, le chèque inflation ne va pas régler le problème. "Que le salaire devrait augmenter, qu’on devrait avoir une revalorisation du taux horaire, je ne dis pas le contraire, assure-t-il. Mais il faut arrêter de sortir le carnet de chèques parce qu’on va faire de la France un pays d’assistés. C’est vraiment électoral. Qu’ils disent aux Français de se mettre au travail, parce qu’il y a du boulot. Dans mon entreprise, il y a des gens qui ne veulent pas faire un quart d’heure supplémentaire parce qu’ils ont leur petit train-train à côté, parce qu’ils veulent mettre les pantoufles et retrouver maman sur le canapé…"

"Nous continuerons de protéger contre l’inflation, tant qu’elle durera" promet Bruno Le Maire

"Ce n’est pas la stratégie du carnet de chèques, a assuré Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, sur RMC et BFMTV ce mercredi. C’est de protéger nos compatriotes face à l’inflation. Je pense que c’est nécessaire économiquement et que c’est juste que les plus fragiles ne soient pas menacés par l’augmentation des prix, que les retraités ne soient pas pris à la gorge parce que leurs pensions de retraite ne suivent pas l’inflation. C’est le premier pilier, on protège contre l’inflation. Nous continuerons de protéger contre l’inflation, tant qu’elle durera. Après, on fera évoluer les dispositifs en fonction de l’inflation. Aujourd’hui, on est dans le pic de l’inflation, et il va encore durer quelques semaines voire quelques mois. Je le dis avec beaucoup de gravité. Début 2023, je pense que nous verrons l’inflation commencer à refluer. Nous devons protéger, nous le faisons avec efficacité puisque nous avons le taux d’inflation le plus faible de tous les pays de la zone euro. Le deuxième pilier, c’est continuer à investir. Il faut que, sur le quinquennat, nous investissions dans les énergies renouvelables. C’est une priorité absolue pour réussir la transition climatique. Mais aussi dans l’école, dans la santé. On vient que nous avons besoin d’investir dans l’hôpital, pour que ces grands services publics continuent à nous protéger, à garantir la cohésion sociale."

LP