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"On vient pour les aider, pas pour se faire agresser": le ras-le-bol des pompiers

Des nouvelles agressions contre des pompiers ont émaillé le weekend. Ils sont en colère, font grève et réclament depuis juin de meilleurs conditions de travail.

Les pompiers disent "stop aux agressions et aux incivilités". Sur les réseaux sociaux, avec le hashtag "Touche Pas à mon pompier", ils expriment leur colère face aux violences auxquels ils doivent faire face.

Plusieurs incidents ont eu lieu ce week-end. Le premier dans la nuit de vendredi à samedi à Aix-en-Provence dans les Bouches-du-Rhône, un véhicule des sapeurs-pompiers a été volé alors que les soldats du feu étaient en train de ranimer un homme de 80 ans en arrêt cardio-respiratoire.

Deuxième incident samedi à Noisy-le-Roi dans les Yvelines. Trois pompiers ont été agressés par un adolescent de 15 ans alors qu'ils lui portaient secours. 

Un dernier incident dimanche à Calvi en Corse. Un homme blessé s'en est pris à ses sauveteurs: un pompier a reçu un coup à la tête et du être recousu.

En grève depuis juin

Des incidents qui ravivent leur colère qui s'exprime depuis juin. Intervenir auprès d'un adolescent en état d'ébriété devrait être une opération classique pour ces pompiers. Mais elle a dégénéré comme l'explique Grégory Chaillou, du syndicat de pompiers UNSA-CGT dans les Yvelines.

"Ce sont des agressions physiques et verbales. Ils se sont protégés mais ont reçu des coups."

Sur les trois pompiers en intervention, deux sont blessés au visage. Ils ont porté plainte contre l'adolescent. Une procédure nécessaire selon Grégory Chaillou.

"C'est un message fort envoyé à la population. On vient pour les aider, pas pour se faire agresser. Au bout d'un moment il faut assumer ses faits et gestes comme tout citoyen normal." 

+23% d'agressions en 2017

Les agressions contre les pompiers sont de plus en plus courantes en France : +23% en 2017. C'est pourquoi les pompiers sont en grève depuis le début de l'été, selon Jean-Baptiste Demoures, membre du syndicat UNSA.

"Le ras-le-bol général est ressenti par tous les sapeurs-pompiers. On aimerait qu'on soit considérés comme "métier à risque" ce qui permettrait peut-être de développer une prime qui passerait de 19% pour la prime de feu, à 28%."

Pour lutter contre les agressions, des caméras-piétons pour les sapeurs-pompiers sont testées dans certains départements jusqu'en 2022. 

Camille Schmitt (avec James Abbott)