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Tati en dépôt de bilan, les salariés veulent se battre: "pas question de partir avec des cacahuètes"

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Les salariés du groupe Tati, en cessation de paiement, envisagent une grève et des manifestations la semaine prochaine. Ils craignent la disparition de 700 emplois et ne comprennent pas pourquoi le groupe n'a pas accepté les nombreuses offres de reprise.

Ils craignent pour leur emploi et envisagent des manifestations et une grève la semaine prochaine. Les salariés de Tati ne comprennent pas la décision d'Eram, propriétaire de l'enseigne à petits prix, de déposer le bilan, comme l'a annoncé sa direction, vendredi, alors que sept repreneurs se sont déclarés. Ils craignent la disparition de 700 emplois sur les 1.700 actuels.

RMC s'est rendue auprès des salariés de Tati, à Paris. S'ils s'inquiètent pour l'avenir, les salariés évoquent des soucis déjà présents. Hakima, qui travaille depuis 14 ans chez Tati et mère de trois enfants s'inquiète pour une chose: son salaire. "On nous mène en bateau, parce que la paie du mois d'avril, on ne l'aura que le 11 mai".

"Je crains que le groupe soit vendue à la découpe"

Cette employée ne comprend pas pourquoi Eram, le propriétaire de Tati, n'a pas étudié les offres de reprises. Notamment celle émanent du groupe Gifi, qui prévoit de reprendre environ 1.200 salariés et de préserver près de 1.500 emplois directs et indirects, soit la quasi-totalité de l'effectif.

La déléguée CGT de Tati, Nicole Coger, dénonce un manque de transparence. "Nous demandons tous les documents concernant la mise en vente. On apprend par la presse que le groupe Gifi a fait une bonne offre. Et alors, pourquoi on ne prend pas Gifi?", s'étrangle-t-elle. "Je crains que le groupe soit vendue à la découpe, en plusieurs morceaux". En tout cas, pas question pour les salariés de baisser les bras. "Nous n'allons pas partir, au bout de 20 à 30 ans, avec des cacahuètes. Nous allons nous battre", promet Nicole Coger.

P. Gril avec Charlotte Peyronnet