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"Expliquez-nous": qui est vraiment Elon Musk, le patron de Space X et Tesla?

Le premier vol habité vers l’espace, réalisé par une société privée, a eu lieu ce week-end. Pour Elon Musk, le patron de Space X, c'est l'aboutissement de vingt années de travail. Qui est vraiment cet entrepreneur pas comme les autres ?

Elon Musk, c’est un hyper “entreprenant”, obsédé par le futur, qui rêve sa vie comme un film de science-fiction. Il veut coloniser la planète Mars, il est persuadé qu’il peut changer le monde et l’avenir de l’humanité. Il est aussi incroyablement sûr de lui, arrogant et antipathique. Tout à fait détestable. Il peut virer en une minute son assistante personnelle qui travaille pour lui depuis 12 ans, parce qu’elle a osé demandé une augmentation.

Il peut exiger de ses ingénieurs qu’ils travaillent 80 heures par semaine. Il peut expliquer dans une interview qu’il cherche une épouse, mais qu’il ne lui consacrera pas plus de 10 heures par semaine. Lors d’un voyage à Moscou, il avait tellement mal parler à ses interlocuteurs que des ingénieurs russes avaient fini par lui cracher au visage. Au sens propre. Et c’était sans doute mérité. 

Antipathique sans doute, mais c’est aussi un surdoué, qui a des projets fous. Des projets qui font même peur. Son rêve numéro un, c’est d’envoyer des hommes sur Mars, d’y créer une colonie et finalement d’y aller lui-même et même de mourir là-bas. Et pas lors de l’atterrissage, y mourir après y avoir vécu un certain temps. Pour aller sur Mars, il compte d’abord établir une base habitée sur la lune. Et Donald Trump, ce week-end, a défendu le projet. Pour construire cette base, il lui faut un gros vaisseau capable d’emporter d'énormes charges. C’est le projet “starship”. Une énorme fusée, la plus grande jamais construite. Lors du premier essai, elle a explosé au bout de 22 secondes. Lors d’un nouvel essai la semaine dernière, elle a explosé au sol, avant même le décollage. Mais les ingénieurs ne se découragent pas, et Musk prévoit toujours à terme d’en faire décoller 1000 par an, environ trois par jours, pour envoyer des centaines de milliers de tonnes de matériel sur la lune et sur Mars.

Il a aussi comme projet d’envoyer des milliers de satellites dans l’espace. Et il a commencé, c’est le projet “star link”. Plus de 450 satellites sont déjà dans l’espace. Il a l'autorisation d’en envoyer 12.000 de plus dabord puis encore 30.000 un peu plus tard. Pour faire un réseau internet haut débit, accessible sur la planète entière. Dès l’année prochaine, deux tiers des satellites qui tournent autour de la terre appartiendront à Elon Musk.

Un projet neuronal fou

Son autre rêve, c’est la voiture électrique. Il y pense depuis toujours. Un rêve en grande partie réalisé avec Tesla. Une entreprise qui vient de réaliser des bénéfices pour la première fois de son histoire au premier trimestre de cette année. Tesla construit à peine 500.000 voitures par an, mais à la bourse l’entreprise vaut plus que Wolkswagen, Renault et PSA réunis. Un incroyable succès boursier. La semaine dernière, les actionnaires de Tesla ont débloqué 775 millions de dollars pour la rémunération d’Elon Musk. S’il atteint tous ses objectifs, il touchera 56 milliards en dix ans. Tesla, c’est une entreprise qui marche. 

Et porté par ce succès, il a d’autres projets dans l'électricité. Il construit dans le Nevada, la plus grande usine de batterie du monde, la Mega factory, avec des panneaux solaires pour recharger les batteries. 

Et puis, il promet pour bientôt des murs en batterie, pour les maisons et les immeubles qui n’aurait plus besoin d'être raccordés aux réseaux électriques…Il est aussi très investi dans les transports terrestres de demain avec par exemple l’hyperloop, des navettes qui circuleraient à 1200 km/heure dans des tubes sous vide. Des essais sont déjà en cours, pas très concluant pour l’instant. Mais lui est persuadé que l’on ira bientôt de Los Angeles à San francisco en moins d’une demi-heure. Il y a 550 km entre les deux villes. Dans les cartons il y a des projets d’interloop partout dans le monde et même un entre Lyon et Saint-Etienne. Ca prendrait entre 5 et 10 minutes…

Mais ce n’est pas le projet le plus fou. C’est dans le domaine de la neurologie qu’Elon Musk fait peur. Il est à la tête d’une entreprise qui s’appelle Neuralink et qui travaille sur des implants cérébraux : des composants électroniques qu’on nous implanterait dans le cerveau par exemple pour augmenter notre mémoire. 

Ils ont déjà fait des expériences sur des singes. Ils attendent pour la fin de l’année l’autorisation pour greffer des capteurs et implanter de l'électronique dans le cerveau d’une femme paralysée. Elon Musk voudrait faire marcher les paralysées.

Nicolas Poincaré