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Fiché comme détenu islamiste radical, il profite d'une permission pour disparaître

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- - Mathieu Alexandre - AFP

Un détenu de la prison de Meaux, en Seine-et-Marne, n'est pas rentré de sa permission dimanche 20 septembre dernier, il y a une semaine. Bien que fiché islamiste radical, le juge d'application des peines lui a accordé une permission.

Il a profité d'une permission de sortie de quelques heures pour se faire la belle. Un détenu fiché islamiste radical est en cavale depuis une semaine. L'homme incarcéré à la prison de Meaux (Seine-et-Marne) n'a pas regagné sa cellule dimanche 20 septembre. Condamné pour un braquage en 2013, mais en fin de peine, le juge d'application des peines lui a accordé, selon nos informations, une première permission de sortie la semaine dernière.

Ce détenu, âgé d'une trentaine d'années, était pourtant fiché au bureau des renseignements pénitentiaires. Fiché parce qu'il s'est radicalisé en prison ces derniers mois. Il refusait par exemple d'adresser la parole aux femmes. Un comportement signalé à plusieurs reprises par les surveillants. Des mises en gardes prises au sérieux par le bureau des renseignements pénitentiaire qui a décidé de le placer sous surveillance. Et pourtant, le juge d'application des peines lui a accordé cette permission la semaine dernière.

"Malgré les discours, absolument rien n'a changé pour les détenus radicaux"

Incompréhensible, selon Jean-François Forget, secrétaire général de l'UFAP, l'Union fédérale autonome pénitentiaire. "Il n'aurait jamais dû être laissé en permission, même s'il était à quelques mois de sa libération. Pour qu'il en arrive à être identifié sur la liste du renseignement pénitentiaire en tant qu'individu en voie de radicalisation, c'est qu'il n'en était pas à la première étape".

Pour Jean-François Forget, ce cas illustre le fossé entre les déclarations des politiques et la réalité des prisons: "Il s'est passé tout un tas de déclarations après les évènements de janvier, mais au sein de la pénitentiaire, absolument rien n'a changé dans la manière de conduire le travail que l'on doit opérer à l'égard ces détenus qui sont soient radicalisés, soient en voie de radicalisation comme c'était le cas de ce détenu-là". Un mandat de recherche a été émis contre le détenu en fuite.

P. G. avec Céline Martelet