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François Chérèque met en garde contre la tentation du FN

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, met en garde les Français contre la tentation de l'extrême droite, dont il attribue la poussée aux promesses non tenues et à une perte de confiance dans la politique. /Photo prise le 6 janvier 2011/REUTERS

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, met en garde les Français contre la tentation de l'extrême droite, dont il attribue la poussée aux promesses non tenues et à une perte de confiance dans la politique. /Photo prise le 6 janvier 2011/REUTERS - -

PARIS (Reuters) - François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, met en garde contre la tentation de l'extrême droite, dont il attribue la...

PARIS (Reuters) - François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, met en garde contre la tentation de l'extrême droite, dont il attribue la poussée aux promesses non tenues et à une perte de confiance dans la politique.

Dans une interview au Journal du dimanche, il estime que la prime de 1.000 euros voulue par Nicolas Sarkozy "va renforcer la défiance car seule une minorité de personnes pourront la toucher."

Tout en soulignant que l'impact du Front national dans le monde ouvrier n'est pas récent, François Chérèque dit entendre dans les entreprises des propos d'extrême droite qui étaient tus auparavant.

"Il y a des expressions de rejet des autres, de racisme. Y compris dans la fonction publique, où certains n'hésitent pas à dire: 'en cas de second tour Sarkozy-Le Pen, on ne votera pas Sarkozy !' On n'entendait pas cela avant", dit-il.

Interrogé sur les propos de la présidente du FN Marine Le Pen sur la désindustrialisation, François Chérèque répond: "L'extrême droite a toujours utilisé des situations réelles mais donne des mauvaises réponses. Ce qui se passe en France s'est déjà produit après la crise de 1929."

"Sans aller jusqu'à de telles extrémités, nous constatons que la tendance au repli existe en France et en Europe comme dans les années 1930", ajoute-t-il.

Néanmoins, François Chérèque estime qu'il ne faut pas tomber dans une dramatisation. "Il ne faut pas céder à la panique", dit-il, en soulignant que la CFDT allait poursuivre son travail de pédagogie.

"Nous disons aux salariés concernés qu'ils font une erreur d'analyse, que les propositions de Marine Le Pen sont creuses. Pis, qu'elles se retourneraient contre les ouvriers ou sont irréalistes, que ce sont de fausses pistes", explique-t-il.

Gérard Bon

REUTERS