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Incendies au nord de Marseille: "C'était un feu rouge, mon balcon était plein de cendres"

A Pennes-Mirabeau, de nombreux habitants ont dû être évacués à cause des flammes.

A Pennes-Mirabeau, de nombreux habitants ont dû être évacués à cause des flammes. - Boris Horvat - AFP

TÉMOIGNAGES - Les importants incendies au nord de Marseille ont entraîné l'évacuation de plus de 1.000 personnes notamment à Vitrolles. Des habitants impressionnés par l'ampleur du sinistre et inquiets pour leurs maisons qu'ils ont dû quitter.

Le dernier départ de feu à Vitrolles, à 30 kilomètres au nord de Marseille a touché entre 6.000 et 8.000 personnes mercredi d'après la mairie. La plupart ont reçu l'ordre de rester confiner chez elles mais face aux graves incendies, d'autres ont dû être évacués. Près de 1.000 habitants ont ainsi été hébergés dans des gymnases comme Martine de Lanoix, inquiète d'avoir dû quitter sa maison.

"Ca m'angoisse tout ça. Il y a tout qui brûle, on ne peut pas respirer. C'était un feu rouge. Sur mon balcon, j'ai plein de cendres. Je tremble, je n'en peux plus. On nous a dit qu'on ne pouvait pas rentrer encore", raconte cette rescapée. 

Le feu et l'importante fumée ont impressionné les habitants. Un nuage rouge de fumée était même visible depuis Marseille. A Vitrolles, l'air était mercredi soir difficilement respirable à cause du Mistral qui rabattait les fumées sur la ville. Un torchon de cuisine humide plaqué sur la bouche, Soraya Diabeur, également évacuée n'en revient toujours pas de l'ampleur de l'incendie.

"C'est plutôt affolant, ma maison s'est remplie de fumée, je n'arrivais plus à respirer dans la maison. La gendarmerie est venue, ils m'ont dit il faut quitter le domicile. J'ai rien pris, en panique avec mes 4 filles, je n'ai rien pris, la santé avant tout", se réconforte cette habitante. 

Les maisons, les voitures "ont cramé"

Un peu plus au sud, sur la commune des Pennes-Mirabeau, là encore des habitants ont dû quitter leurs maisons, menacées par les flammes. Par chance, celle de Philippe a été épargnée par le feu mais dans le village, d'autres n'ont pas eu cette chance.

"Ma femme travaille dans un collège un peu plus loin, il était en feu. J'ai deux collègues, leurs maisons ont cramé, les voitures ont cramé. Moi j'ai le coffre de la voiture à décharger avec les papiers importants, les passeports", explique-t-il. 

Dans la commune, les hébergements d'accueil ont même été un temps menacés par les flammes. "Le gymnase il a fallu le fermer parce qu'il était menacé par les flammes, donc j'ai ouvert la mairie, explique Michel Amiel, le maire de Pennes-Mirabeau. Il y a plusieurs points de la commune qui sont touché, des habitations qui ont été directement touchées je le crains, compte tenu de ce que j'ai pu voir en traversant tant qu'il était possible." Désormais le maire attend de pouvoir faire "le bilan des dégâts", "très inquiet" de ce qu'il va découvrir à son retour. Après une nuit plus calme, jeudi matin la situation était selon Michel Amiel encore "préoccupante".

C. B avec S. Burgatt et B. Ballet