RMC

Attaque "chimique" en Syrie: "un pied de nez morbide de la part du régime d'Assad"

Une attaque chimique a fait au moins 72 morts, dont de nombreux enfants dans une ville rebelle de la province d'Idleb. Pour Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, cette attaque vise à "terroriser les populations".

L’armée de Bachar al-Assad a-t-elle à nouveau utilisé une arme chimique en Syrie? Cette attaque a provoqué une vague d'indignation internationale, Washington, Paris et Londres pointant du doigt le régime de Bachar al-Assad, qui a démenti "catégoriquement" toute implication et accusé les insurgés d'être responsables de la tragédie.

L'opposition syrienne a la première accusé le "régime du criminel Bachar" d'avoir perpétrée cette attaque, avec des "obus" contenant du "gaz toxique", et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à ouvrir immédiatement une enquête.

"Peut-être faire capoter les négociations de paix"

Pour Olivier Lepick, l'objectif est clair: "terroriser les populations civiles, mais aussi peut-être faire capoter les négociations de paix avec la communauté internationale. Parce que utiliser à ce moment précis des armes chimiques contre des civils, c'est un pied de nez morbide absolument terrible de la part du régime".

Et de préciser: "Si jamais d'aventure, le régime avait effectivement utilisé un neurotoxique, cela signifie qu'il a dissimulé à la communauté internationale des stocks de ces neurotoxiques".

Au moins 19 enfants et 13 femmes figurent parmi les victimes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il s'agit de "la deuxième attaque chimique la plus meurtrière du conflit en Syrie" après celle ayant fait plus de 1.400 morts en 2013 près de Damas, a précisé cette ONG.

P.B.