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Brexit: "Les Anglais nous regardent de travers car on est prêts à travailler pour moins cher qu’eux"

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REPORTAGE - Pour éviter le Brexit, David Cameron, le Premier ministre britannique, souhaite supprimer les droits sociaux des ressortissants européens travaillant au Royaume-Uni pendant les quatre premières années de leur séjour. Une mesure qui vise d’abord les travailleurs d’Europe de l’est dont les Polonais très nombreux dans le pays.

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent ce jeudi et vendredi à Bruxelles dans une Conseil européen qui a notamment pour thème la question du maintien du Royaume-Uni dans l'Union. Pour éviter ce Brexit, David Cameron, le Premier ministre britannique, souhaite supprimer les droits sociaux des ressortissants européens travaillant au Royaume-Uni pendant les quatre premières années de leur séjour.

"On est montrés du doigt"

Une mesure qui vise d’abord les travailleurs d’Europe de l’est dont les Polonais très nombreux dans le pays et notamment dans le quartier d'Hammersmith à l’ouest de Londres. Ainsi, à l'angle d'une rue la libraire est polonaise, un peu plus loin, il y a une épicerie ou encore un restaurant, où l’on sert des plats typiques du pays, dans lequel travaille Martha, une jeune serveuse polonaise de 24 ans.

Rencontrée par RMC, elle est vent debout contre la mesure de David Cameron. "C’est un vrai problème pour les familles qui arrivent ici sans un sou, s'emporte-t-elle. On a le sentiment qu’on ne veut plus nous traiter comme les autres. On est montrés du doigt. Mais, au fond, les Anglais nous regardent de travers car on est prêts à travailler pour moins cher qu’eux".

"Les travailleurs européens rapportent plus qu'ils ne coûtent"

En toile de fond donc, le fameux "plombier polonais". Les Britanniques ne veulent plus de la concurrence des travailleurs européens, David Cameron l'a bien compris. Tout comme James McGrory du mouvement pro-européen "La Grande-Bretagne plus forte en Europe": "Les travailleurs arrivent et prétendent à des allocations sans avoir cotisé dans le pays. Cela devrait être l'inverse: d'abord vous travaillez pour cotiser et au bout d'un certain temps vous pouvez toucher des allocations".

Pour les associations de Polonais, la proposition du Premier ministre est tout simplement discriminatoire. "Personnellement, je ne touche aucune allocation. En revanche, je paye beaucoup d'impôts, souligne l'un d'eux. Les travailleurs européens rapportent beaucoup plus qu'ils ne coûtent, c'est certain. Pour moi, si on supprime les allocations, il faut le faire pour tout le monde: les travailleurs européens comme les Anglais".

Maxime Ricard avec Antoine Perrin