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Brexit: quelles options pour Boris Johnson après de nouvelles élections législatives anticipées rejetées par le Parlement?

Le président de la Chambre des communes, John Bercow, a annoncé lundi qu'il allait démissionner prochainement, parfois accusé ces derniers mois par les partisans d'un Brexit dur d'avoir outrepassé les règlements parlementaires à leur détriment.

John Bercow, avec des cris "Order! Order!" pour calmer la chambre des Communes surchauffée, était un vrai personnage dans le feuilleton du Brexit. Il annonce son départ le 31 octobre prochain, pour plusieurs raisons. D'abord, il avait promis à sa femme de ne pas disputer de nouvelles élections. S'il s'était représenté, les conservateurs lui auraient mené la vie dure parce que beaucoup le considèrent comme trop anti-Brexit, ils comptaient donc présenter en face de lui un candidat dans sa propre circonscription.

Ça peut être une bonne nouvelle pour Boris Johnson et son équipe, car John Bercow a parfois mis des bâtons dans les roues du gouvernement en permettant, par exemple, au Parlement de reprendre le contrôle de l'ordre du jour et d'imposer un certain nombre de lois mais sa dernière pirouette fait que ce n'est pas une si bonne nouvelle que ça. Le tempo du départ de John Bercow fait que c'est le Parlement actuel qui va choisir son successeur. C'est donc un Parlement qui est très opposé au gouvernement, le successeur de John Bercow ne devrait pas être plus facile. Il s'est félicité lundi d'avoir défendu l'institution Parlement, il a été très applaudi, notamment par l'opposition. Il a aussi affirmé, très fort, qu'il ne s'excuserait pas.

Pas d'élections anticipées

Par ailleurs, les députés britanniques ont infligé mardi une nouvelle défaite cuisante au Premier ministre Boris Johnson en refusant encore une fois de déclencher des législatives anticipées, avant que le Parlement ne soit suspendu jusqu'au 14 octobre, deux semaines seulement avant la date prévue pour le Brexit.

Avant le vote, le chef de gouvernement a assuré qu'il ne demanderait "pas un nouveau report" du Brexit, prévu le 31 octobre, en dépit d'une loi entrée en vigueur lundi après l'assentiment de la reine Elizabeth II. Recours en justice, démission ou autre, Boris Johnson n'a pas expliqué comment il compte s'y prendre.

Soizic Michaut (avec P.B.)