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Coup d'Etat manqué en Turquie: "On s'attend à des suites compliquées pour les milieux d'opposition"

Un coup d'Etat militaire a échoué en Turquie dans la nuit de vendredi à samedi.

Un coup d'Etat militaire a échoué en Turquie dans la nuit de vendredi à samedi. - Bulenk Kilic - AFP

Au moins 90 personnes ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi en Turquie au cours d'une tentative de putsch militaire. Samedi matin, le pouvoir semblait avoir repris la main mais pour Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie des zones d'ombre doivent encore être éclairées.

La nuit de vendredi à samedi a été sanglante en Turquie. Au moins 90 personnes ont été tuées et plus de 1.150 blessées lors d'une tentative de coup d'Etat militaire. Au cours de la nuit, des rebelles militaires se sont opposés à des forces loyalistes. Des Turcs sont également descendus dans la rue à l'annonce de la tentative de putsch. Les affrontements se sont terminés par des bombardements à Ankara et Istanbul. 200 soldats rebelle se sont par la suite rendus aux autorités.

Mais ce samedi matin, la situation reste confuse, analyse Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l'IFRI. Pour l'heure, "les bilans ne sont pas très crédibles, estime-t-elle. Parce qu'en Turquie, quand il y a une crise il y a un blackout des médias." Une forme de censure qui contribue à alimenter les version complotistes poursuit l'experte. 

"Il y a des tas de versions complotistes qui circulent en Turquie, qui disent que ça pourrait être une vaste mise en scène que le président de la République aurait mis en place pour conforter son pouvoir."

"Il a promis de punir sévèrement les putschistes"

Le président Recep Tayyip Edogan a félicité ceux qui "par millions" sont descendus dans la rue pour protester contre les putschistes. Mais pour Dorothée Schmid, de nombreux turcs confinés chez eux n'ont sans doute pas tous les éléments d'information.

"C'est très difficile de faire la synthèse, ils ont suivi les informations à la télévision avec des annonces complètement contradictoires. Et l'impression que l'on a c'est que le président avait disparu puis à 3h du matin il a atterri à Istanbul, alors que l'aéroport en principe avait été bloqué par les militaires, ce n'est pas très clair comme séquence", constate-t-elle. 

Après la tentative de putsch, le président turc a promis des sanctions contre ceux qui auraient fomenté le coup d'Etat manqué. Recep Tayyip Erdogan a également accusé son ennemi juré, l'imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis d'être derrière les putschistes. Une accusation qu'il a démentie dans un communiqué. Dorothée Schmid craint désormais une répression du pouvoir. "Il a promis de punir sévèrement les putschistes, et on peut s'attendre à des suites très très compliquées pour tous les milieux d'opposition et les libéraux turcs."

C. B