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Dans l'enfer de Mossoul: "On n'en peut plus des bombardements, des tirs…"

RMC a réussi à joindre deux habitants de Mossoul, toujours détenue par Daesh malgré l'avancée des forces arabo-kurdes, et qui ont accepté de témoigner au péril de leur vie.

Plus de 3 semaines après le début de leur offensive sur Mossoul, les forces arabo-kurdes poursuivent leur avancée dans les faubourgs de la ville aux mains de Daesh. La résistance de l'État islamique est sans surprise très importante. Une résistance qui s'appuie surtout sur les snipers et les véhicules piégés envoyés chaque jour sur les forces irakiennes. À l'intérieur de Mossoul, toujours près d'un million de civils. Des familles entières qui survivent dans la ville, coupée de tout depuis plusieurs semaines. La reporter de RMC, Céline Martelet, a pu recueillir par téléphone des témoignages d'habitants usés par l'assaut sur la ville. Des témoignages qui ont été enregistrés par un habitant de Mossoul refugié au Kurdistan voisin. Au bout du fil, une femme, la voix tremblante. Elle vit encore dans la ville. "Ça fait 5 jours qu'on est coincés chez nous. On n'en peut plus des bombardements, des tirs…". Raconter au téléphone son quotidien à Mossoul, c'est risquer sa vie, car les membres de l'état Islamique interdisent toute communication avec l'extérieur.

"90% des jeunes de Mossoul soutiennent l'armée irakienne"

Les habitants eux, s'organisent. "90% des jeunes qui sont encore à Mossoul sont avec l'armée irakienne, assure cet autre habitant de la ville. Moi par exemple, j'ai laissé tomber mes études et tout le reste pour me consacrer à la lutte et donner des informations à cette armée." Mais cet habitant de Mossoul le sait, la bataille pour reprendre la ville à l'Etat Islamique sera dure. Dure et très longue. "Moi je suis sûr que les forces irakiennes, avec l'aide de dieu, vont finir par libérer la rive gauche de Mossoul. Mais on a peur de la bataille qui aura lieu sur la rive droite, le fief de l'Etat Islamique". Depuis le début de l'offensive, 34.000 personnes seulement auraient fui à sortir des faubourgs de Mossoul.

P. Gril avec Céline Martelet