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Des Français sous la menace du volcan Agung: "Nous attendons un vol qui ne cesse d'être reporté"

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Après l'entrée en activité du volcan Agung qui crache ses cendres et d'impressionnantes colonnes de fumée, le niveau d'alerte est toujours au maximum sur l'île indonésienne de Bali. Pour le deuxième jour consécutif, les avions sont cloués au sol à l'aéroport, un gigantesque hub pour toute l'Asie du sud-est. Bloqués, deux Français joints par RMC.fr témoignent de la difficulté de la situation.
  • Arnaud, barman originaire d'Aquitaine, faisait une halte à Bali sur sa route pour la Nouvelle-Zélande, où il doit entamer une nouvelle vie. Il est bloqué avec sa petite amie Lucie dans un village à 60 km du volcan.

"Quand le mont Agung a commencé à gronder, nous avons décidé de changer nos billets d'avion pour repartir plus tôt. Nous étions arrivés à Bali il y a deux semaines, et devions partir en Nouvelle-Zélande pour travailler pendant un an. Bali n'était qu'un petit break.

Mais à un jour près, nous n'avons pas pu partir. En effet, les vols pour l'Australie ne décollaient plus. Notre compagnie, Virgin Australia, ne nous a d'ailleurs pas pris en charge. Ni pour l'hôtel, ni pour quoi que ce soit. Les passagers du vol précédent on eu droit à l'hôtel pour une journée… Nous, nous avons dû nous débrouiller.

"Les locaux ne sont pas affolés"

De nombreuses fois nous sommes allés à l'aéroport pour voir si les avions partaient - sans succès. On a essayé une autre compagnie, Batik Air, mais lui aussi ne partait pas. Nous avons dû annuler. Depuis ce jour, nous attendons un vol qui n'arrête pas de se décaler. On devait partir demain. Il est repoussé jusqu'au 6 décembre pour le moment.

Les gens, qu'ils soient touristes ou locaux, ne sont pas affolés malgré l'imminence possible d'une éruption majeure. La vie suit son cours. Nous avons quand même acheté des masques, de l'eau, de la nourriture et des bougies mais nous sommes assez loin du volcan, à 60 kilomètres, dans le village de Canggu. Il n'y pas encore de cendres pour le moment, car les vents ne sont pas au rendez-vous."

  • Jonathan est dans un hôtel sur l'île de Kuta, située à 80 kilomètres du volcan. Il devait partir le 26 novembre. Il ne peut s'approcher du volcan. 

"Nous avons appris l'éruption du mont Agung par notre serveur dans une pizzeria. Aucun conseil n'est prodigué ici. Tout se passe comme si de rien n'était. Nous devions passer 12 jours ici à Bali. La veille de notre départ, le 26 novembre, les vols ont commencé à s'annuler, chacun leur tour. Et le 27 au matin, à l'heure de prendre notre taxi, notre compagnie aérienne nous a fait savoir que notre vol avait été annulé. Nous sommes restés à l'hôtel à Simpang Inn au lieu de rester bloqués à l'aéroport

Nous aurons peut-être un vol le 1er décembre, mais cela dépendra des conditions. Nous sommes dans le doute vis-à-vis de ce vol, car l'aéroport a annoncé une réévaluation de la situation aujourd'hui, mais elle fut négative. Les éruptions pourraient s'aggraver. Les cendres tombent sur l'aéroport. Il y a une zone de restriction de 10 kilomètres autour du volcan. Je vais essayer de m'y rendre mais les routes doivent être barrées."

Propos recueillis par Paul Conge