RMC

Donald Trump ne va pas auprès du peuple américain, mais de son peuple

Donald Trump assure que sa présidence se déroule "sans heurts". (Photo d'illustration)

Donald Trump assure que sa présidence se déroule "sans heurts". (Photo d'illustration) - AFP

Samedi soir en Floride, le président américain a organisé un meeting aux allures de campagne électorale, alors que depuis un mois, la Maison Blanche est secouée par de nombreuses polémiques. Donald Trump a cependant assuré que sa présidence "fonctionnait sans accroc".

Donald Trump a ravi, samedi soir, des milliers des supporteurs lors d'un grand rassemblement en Floride, aux airs de campagne électorale. Le milliardaire a assuré que sa présidence se déroulait "sans heurt". 

Après un premier mois houleux à la Maison Blanche, le président au programme populiste, nationaliste et protectionniste, a donné un discours au ton combatif, voire très agressif, devant des milliers de personnes réunies dans un hangar à l'aéroport de Melbourne, en Floride. Celui-ci a même appelé sur scène l'un de ses fans pour l'enlacer et lui laisser dire "Monsieur le président, merci Monsieur!"

François Durepaire, historien spécialiste des Etats-Unis, analyse ce meeting sur RMC:

"Pourquoi il fait ça? Parce que l’opinion est très clivée: 84% des Républicains le soutiennent, contre 8% seulement des démocrates. Normalement, on est dans une période d’état de grâce. Quand le président est élu, il devrait être à 15% ou 20% de démocrates qui le soutiennent. Donc il va auprès, non pas du peuple américain, mais de son peuple. Il l’a dit lui-même: 'j’aime me retrouver auprès de mes amis'".

"Il ne semble pas arriver à domestiquer l'appareil d'Etat"

La Maison Blanche du 45e président des Etats-Unis est secouée depuis un mois par une série de revers politiques, comme la démission de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, par de vives tensions avec les médias et par des fuites à répétition.

Corentin Cellin, historien spécialiste des Etats-Unis, explique sur RMC:

"On note surtout que cette dernière semaine est catastrophique pour le président Trump. Il ne semble pas arriver à domestiquer ni à apprendre le fonctionnement de l’appareil d’Etat. Il est toujours dans la stratégie de la tension, du choc. Cela lui permet justement de se présenter comme une sorte de tribun, qui parle au nom du peuple face à des élites et des institutions qu’il prétend être totalement déconnectées de la réalité". 

Le successeur de Barack Obama a lancé: "Nous sommes un peuple libre et indépendant, nous ferons nos propres choix. Nous sommes ici aujourd'hui pour dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité". Il a également promis de sécuriser les frontières des Etats-Unis, notamment grâce à la construction d'un mur avec le Mexique, et de lutter contre "le terrorisme islamique radical". 

Alexandra Milhat avec Thomas Chupin et AFP