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Investiture de Trump: "La convention sert normalement à unir le parti, mais Trump est toujours contesté"

Donald Trump devrait normalement être investi par la convention républicaine jeudi, en vue de l'élection présidentielle. Mais pour Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis, il a derrière lui un parti divisé.

Il y a encore un an, personne parmi les Républicains ne croyait à la candidature de Donald Trump. Pourtant, le milliardaire est en passe d'être le candidat du parti. "Il va être sacré jeudi à la convention de Cleveland, ça va être sa grande journée", estime Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l'unversité Paris 2 - Assas. 

Une revanche pour Donald Trump qui veut montrer qu'il est un "winner". Mais cette convention, qui est normalement une formalité pour le candidat en tête de la primaire est particulière cette année.

"C'est une convention absolument pas conventionnelle. La convention sert normalement à unir le parti à mettre tout le monde en ordre de marche, le doigt sur la couture du pantalon, on y va et on s'attaque au camp d'en face. Mais Trump est contesté", estime le chercheur.

Un parti divisé 

Au lancement de la convention lundi, des délégués républicains anti-Trump se sont fait entendre. Malgré tout, "il a gagné depuis longtemps ses 1.237 délégués" nécessaires pour remporter l'investiture assure Jean-Eric Branaa. Mais derrière lui, le parti est divisé. 

"On a vu que parmi les grands responsables du parti républicain à commencer par deux anciens présidents (George H.W et George W. Bush ndlr), par un ancien candidat à la présidence (Mitt Romney, ndlr), le gouverneur de l'Etat où se tient la convention, tous ces gens là ne seront pas là", constate Jean-Eric Branaa. 

"Une erreur de stratégie du camp républicain"

Donald Trump a réussi à marquer des points auprès de son électorat, se présentant comme le candidat anti-système, non issu de l'establishement politicien. Pendant toute la campagne, les dirigeants des Républicains et figures du parti ont traîné des pieds, n'hésitant pas à critiquer ouvertement le magnat de l'immobilier qui s'est illustré par ses provocations. Mais pour Jean-Eric Branaa, maintenant que Donald Trump s'apprête à entamer la campagne directement contre Hillary Clinton, le parti conservateur n'a pas la bonne attitude.

"Je crois qu'ils ont tort, parce qu'on ne combat pas le populisme en restant à la porte et en se taisant. On a le "tous contre moi" qui continue, c'est une erreur de stratégie du camp républicain", estime-t-il. 

Malgré tout, sur le programme, le camp républicain a réussi à reprendre la main en imposant sa ligne. "Le programme qui est proposé par le parti républicain est vraiment le plus conservateur qu'on pouvait avoir", constate le spécialiste. Donald Trump a tout de même imposé l'une de ses propositions controversées: la construction d'un mur entre les Etats-Unis et le Mexique.

C. B