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Italie: "Des pierres continuaient de me tomber sur la tête. C’était effrayant, très choquant"

REPORTAGE - Un puissant séisme, tôt mercredi dans le centre de l'Italie, a fait 247 morts, selon un nouveau bilan de la protection civile publié ce jeudi matin, et détruit presque entièrement plusieurs villages, où les recherches d'éventuels survivants, pris au piège des décombres, continuaient dans la nuit. C'est le cas à Amatrice où le centre-ville médiéval est totalement dévasté.

Un puissant tremblement de terre de magnitude 6,2 sur l'échelle de Richter a touché le centre de l'Italie mercredi, tôt dans la matinée, et a fait, selon le dernier bilan de la protection civile, 247 morts et des centaines de blessés. Les victimes ont été pris au piège dans les décombres de leurs maisons alors qu'elles dormaient. Dans les villages les plus touchés (Accumoli, Amatrice, dans la province de Latium, au nord-est de Rome), les immeubles ne sont plus que ruines. Certains villages ont même pratiquement été rayés de la carte.

"Ça a été terrible. Les vitres cassaient, les murs se fendaient. On a couru vers la porte, on n’arrivait pas à l’ouvrir, alors on a forcé, forcé, et on est enfin arrivés à sortir de chez nous, raconte Louisa, habitante d'Amatrice. C’était effrayant, le bruit ne s’arrêtait pas. Il y avait des gens qui hurlaient, qui paniquaient. Certains n’ont pas réussi à sortir de chez eux à temps et sont encore sous les décombres. Nous, heureusement, on est vivants".

"J'avais peur, je hurlais"

A Amatrice, depuis le séisme, la ville vit au rythme du défilé incessant d’ambulances, de camions de pompiers, de pelleteuses... Les sauveteurs doivent aller vite car, sous les décombres des maisons effondrées, des personnes sont encore prises au piège. "On va autour des maisons où on nous signale des disparus, explique ce secouriste. Parfois, on entend des voix qui appellent au secours ou bien les chiens sentent une présence. Alors on se met à déblayer".

"Ma maison s’est écroulée, il n’y a que quelques murs qui sont restés debout. Mon mari était blessé, ne pouvait plus bouger. Alors on a attendu les secours, dans les décombres, pendant plus d'une heure, indique Isabela. J’avais peur, je hurlais pour les avertir. Et ils sont venus nous chercher. Quand on est sorti, il y a eu d’autres secousses et des pierres continuaient de me tomber sur la tête. C’était effrayant, très choquant".

"Je resterai là tant qu’on ne l’a pas retrouvée, morte ou vivante"

Un peu plus loin, un chien se met à aboyer. Après plusieurs heures de travail, un homme est sorti vivant des décombres et amené en ambulance à l'hôpital le plus proche. A quelques mètres de là, assise par terre, Violetta se ronge les ongles, silencieuse, à l’affût de la moindre nouvelle. "Vous voyez la maison jaune, là-bas, effondrée, c’est la maison de ma sœur. Les sauveteurs sont en train de déblayer. Mais j’ai de l’espoir… S’ils cherchent, c’est qu’il doit y avoir quelque chose, témoigne-t-elle. Et je resterai là tant qu’on ne l’a pas retrouvée, morte ou vivante. Tant que je n’ai pas de réponse, je resterai".

Sebastian lui, n'arrive pas être optimiste. Il est sans nouvelle de son cousin, de sa femme et de leur petite fille: "Je ne pense pas qu’ils soient vivants. Les chiens n’ont rien senti… Ils ne se sont pas arrêtés devant la maison. Il faudrait un miracle pour qu’ils soient en vie". Même si l’espoir est mince, les sauveteurs vont continuer. Car eux savent bien qu’il est toujours possible de sortir des vivants des décombres, même trois jours après un séisme.

M.R avec Marie Régnier