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Japon: l'ancien Premier ministre Shinzo Abe est mort, tué par balle

L'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe est décédé des suites de l'attaque par balle dont il a été la victime ce vendredi.

L'ex-Premier ministre du Japon Shinzo Abe est décédé des suites d'une attaque par balle lors d'un rassemblement électoral à Nara, dans l'ouest du pays, annonce son parti politique, le PLD (Parti libéral-démocrate, de droite nationaliste), une information confirmée par l'hôpital. Il avait été emmené à l'hôpital en arrêt cardio-respiratoire, ce qui est, dans la terminologie japonaise, signe "d'absence de vie" avant l'établissement d'un certificat officiel de décès.

Un suspect arrêté

L'ancien chef de l'exécutif japonais prononçait un discours près d'une gare dans cette ville, en vue des élections sénatoriales de dimanche, lorsque deux coups de feu ont été entendus. Shinzo Abe s'est alors effondré, saignant du cou. Des responsables locaux du PLD ont tenté de lui faire un massage cardiaque sans succès, selon des témoins sur place.

Un homme d'une quarantaine d'années a été désarmé et arrêté pour tentative de meurtre. Selon plusieurs médias locaux, le suspect serait un Japonais de 41 ans ayant par le passé appartenu à la Force maritime d'autodéfense japonaise, la marine nippone. Le domicile du suspect a été perquisitionné par la police locale, selon des images de la télévision publique NHK.

Un Premier ministre emblématique

Shinzo Abe a été Premier ministre du Japon a deux reprises: entre 2006 et 2007 puis entre 2012 et 2020. Plus jeune Premier ministre de l'après-guerre dans son pays, il a marqué les esprits par une politique économie surnommée "Abenomics": une politique de relance mélangeant de l'assouplissement monétaire, réformes structurelles et relances budgétaires massives. Une politique aux résultats, finalement, contrastés.

Celui qui se définissait comme "nationaliste pragmatique" a aussi souhaité renforcer la présence japonaise sur la scène diplomatique, entre fermeté avec la Corée du Nord, relation dégradées avec la Corée du Sud et discussions tortueuses avec le Japon.

Sur la scène intérieure, entre une opposition interne faible dans son parti politique et une opposition politique inexistante après la déroute de la gauche entre 2009 et 2012, il avait finalement démissionné le 16 septembre 2020, pour raisons de santé. Il souffrait en effet d'une maladie intestinale, une colite ulcéreuse dont il est atteint depuis l'adolescence, qui l'avait déjà forcé à démissionner en 2007. Ses derniers mois au pouvoir ont été marqués par une défiance croissante et une autorité affaiblie par sa gestion contestée de la pandémie de Covid-19 et des affaires de corruption.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC