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L'exclusion de la Russie du système SWIFT est-elle une sanction efficace?

L'exclusion de la Russie du système SWIFT pourrait avoir des conséquences pour les banques européennes. Et cette exclusion pourrait être contournée en utilisant d'autre système de sécurité.

Malgré les réticences de l’Allemagne, la Russie a finalement été exclue du système SWIFT, le système de communication interbancaire, une sorte de messagerie ultra-sécurisée, qui permet de donner des ordres de paiement. Ce n’est pas un système de transfert d’argent à proprement parler mais ça permet de le sécuriser. Et pas de sécurité, pas de paiement. Pas de paiement, pas de commerce.

Pour la Russie c’est loin d’être anecdotique. Swift connecte environ 11.000 établissements financiers à travers le monde. La Russie est le deuxième utilisateur de ce réseau après les Etats-Unis. En 2020, 140.000 milliards de dollars de transferts internationaux ont été effectués. 90% de ce montant est passé par le réseau SWIFT.

Est-ce c’est une sanction efficace ?

On connaitra dans les prochaines heures – au plus tard dans les prochains jours – la liste exacte des établissements qui vont être exclus… Ce qui nous donnera une idée plus précise de la portée de ces sanctions. En tout cas les Américains y croient, puisqu’ils estiment que c’est l’équivalent financier de l’arme nucléaire. En pratique, il y a quand même des trous dans la raquette. Swift est le système de communication plus répandu, mais il en existe d’autres… des systèmes concurrents. La Russie avait même créé son propre réseau (FPFS).

Et puis il y a maintenant les cryptomonnaies, comme le Bitcoin sécurisées par d’autre systèmes (la Blockchain). Et qui peuvent être utilisées comme une alternative aux virements interbancaires. Donc c’est une sanction qui aura un impact, c’est sûr, mais la Russie ne sera pas complètement paralysée.

Mais est-ce que ça ne risque pas aussi de pénaliser les banques européennes ?

Le risque, c'est que cette exclusion puisse avoir un effet ricochet sur les banques européennes. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que les Européens avaient souhaité attendre un peu avant de prendre une telle décision. Officiellement, elle souhaitait avancer graduellement Et garder des sanctions en réserve en cas de dégradation de la situation.

Mais en pratique, elle souhaitait aussi éviter de pénaliser les banques et les entreprises européennes. Et d’ailleurs dans les pays européens qui n’y étaient pas favorables dans un premier temps sont ceux qui des ont liens commerciaux avec la Russie. L'Autriche par exemple achète entre 70 et 80% de son gaz à la Russie, et ne souhaitait pas exclure les banques russes du réseau SWIFT.

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Stéphane Pedrazzi