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La City se prépare au Brexit: "Si les banques ne peuvent plus continuer leur activité ici, elles vont partir"

Les Britanniques votent ce jeudi sur la question de la sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni

Les Britanniques votent ce jeudi sur la question de la sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni - Justin Tallis - AFP

REPORTAGE - La City, la place financière londonienne se prépare à passer une nuit blanche alors que les Britanniques se prononcent ce jeudi sur une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Les Britanniques ont commencé à voter ce jeudi. Ils doivent décider s'ils veulent voir le Royaume-Uni quitter ou non l'Union européenne. Une décision qui aura des conséquences sur la City, le premier employeur privé de Londres, qui abrite grandes entreprises et banques internationales. Steeve, costume sur mesure et cravate bien ajustée est trader pour une banque d'investissement. En attendant le résultat du vote, il restera passer la nuit au bureau, prêt à réagir.

"Beaucoup de nos clients sont très inquiets, constate le trader. On investit pour eux sur divers marchés à l'échelle mondiale. En cas de Brexit, les marchés vont s'affoler, la livre va s'effondrer face à l'euro. Aux Etats-Unis par exemple, les taux d'emprunt sont en suspens en attendant de savoir ce qui va se passer ici. C'est l'incertitude."

Les résultats définitifs ne seront pas connus avant au moins 6h du matin. La nuit promet d'être longue dans les gratte-ciels de la City. Café, sandwichs et barres énergétiques, Stuart a prévu le coup pour tenir. "Dans les entreprises ici, tout le monde reste cette nuit ou reviendra très très tôt demain. On a tout annulé pour se concentrer sur les problèmes qu'on risque d'avoir. On verra bien ce qui se passe", soupire l'homme d'affaires. 

Des emplois en jeu

Les financiers sont non seulement inquiets pour leurs clients mais aussi pour leur avenir et de nombreuses opérations sont suspendues aux résultats. "Si on reste en Europe, il y aura de très bonnes affaires", espère Mark Boleat, président des politiques de la Corporation de la City, qui dirige la place financière.

"Mais si on part, les grandes banques et les entreprises étrangères ont été très claires même avec leur personnel: si elles ne peuvent plus continuer leurs activités ici, elles vont partir et si ça veut dire supprimer des emplois à Londres pour aller ailleurs, elles le feront", poursuit Mark Boleat. 

C'est le cas pour l'entreprise de Ricardo, responsable de financement de projet dans une grande banque européenne qui s'attend à devoir partir de Londres si les Britanniques décident de sortir de l'Union européenne. "Notre bilan annuel est en euro. On est une banque européenne installée à Londres, on a des bureaux à Paris, Frankfort, Milan et ailleurs. En cas de Brexit, ma banque va devoir élaborer un plan d'urgence et il est tout à fait probable qu'elle s'en aille à Paris ou Frankfort. Je devrais partir aussi", anticipe-t-il.

Comme lui, de nombreux salariés de la City où travaillent 315.000 personnes chaque jour attendent de connaître la décision des Britannique.

C. B avec Amélie Rosique