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"Nous ne sommes pas vos ennemis": bloqués du côté turc, de nombreux migrants patientent dans l'attente de l'ouverture de la frontière grecque

REPORTAGE RMC - Côté turc, les candidats à l'exil tentent toujours de passer la frontière, fermée et surveillée par des soldats grecs. Certains éconduits évoquent les violences commises par les forces de l'ordre hellènes.

Une semaine jour pour jour après l’ouverture des frontières turques, les candidats à l'immigration en Europe patientent toujours près du poste de Pazarkule, devant la frontière grecque verrouillée. Sur un terrain laissé à l’abandon à 5km le rêve d’Europe est partout. Certains dorment ici depuis plusieurs jours sous des couvertures à même le sol d’autres dans l’attente ont décidé de construire des abris de fortune à l’aide de bâches, de branchages.

"Là je rajoute de la terre, je la tasse pour installer nos tentes dessus. Parce qu’on dirait qu’il va pleuvoir", raconte Al, qui vient d’arriver avec sa belle-famille. Originaires d’Irak, ils sont quatre adultes et trois enfants, réfugiés en Turquie depuis 3 ans, ils se sont précipités vers la frontière après les annonces du président Erdogan. Leurs bagages sont empilés à côté d’eux, quelques vêtements, de la nourriture, "toute leur vie", résument-ils. Debout, le regard perdu, Elam ne sait pas par où commencer : "C’est très dur".

"On aimerait qu’ils nous acceptent comme réfugiés"

Al à un message à faire passer aux Européens : "Nous ne sommes pas vos ennemis. Nous avons des enfants, nous voulons juste être libres. On ne veut pas traverser illégalement. On aimerait qu’ils nous acceptent comme réfugiés, comme ils l’ont fait en 2015. Juste un peu d’humanité", demande-t-il.

D’autres ont déjà tenté plusieurs fois de franchir illégalement la frontière. Berouz un Iranien, enlève son bonnet et dévoile un pansement sur son crâne. Il raconte qu’il a tenté de traverser il y a deux jours avant d’être intercepté par les garde-frontières grecs. Ils l’auraient frappé violemment avant de l'obliger à faire demi-tour. Malgré les risques, Berouz est prêt à retenter la traversée.

Marie Monier et Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)