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Proche-Orient: tout comprendre de l'escalade meurtrière entre Israéliens et Palestiniens

EXPLIQUEZ-NOUS - L'escalade en Israël. L'armée israélienne a bombardé Gaza cette nuit, en riposte aux tirs de roquettes du Hamas. Et à Jérusalem de violents incidents ont fait plusieurs centaines de blessés lundi. Voici ce qui a déclenché ces violences.

Roquettes contre frappes aériennes. Un déluge de feu s'abat mardi sur la bande de Gaza et le sud d'Israël, tuant au moins 26 Palestiniens et deux Israéliennes, dans la pire escalade des dernières années entre le Hamas et l'Etat hébreu, déclenchée à la suite de violences à Jérusalem-Est.

Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne, a fait état de 26 morts, dont neuf enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

Côté israélien, une pluie de roquettes s'abattait sur les villes d'Ashdod et d'Ashkelon situées au nord de la bande de Gaza, le Hamas affirmant avoir lancé dans l'après-midi 137 roquettes en moins de cinq minutes, un barrage donnant des maux de tête au bouclier antimissile israélien "Dôme de Fer".

Au départ, c’est un conflit qui concerne quelques maisons. Une histoire compliquée comme l’histoire d'Israël où se mêle toujours le passé, les guerres, la propriété de la terre, et l’urbanisme.

En 1948, à la création de l'État d'Israël, 700.000 palestiniens sont expulsés de chez eux. Certains trouvent refuge dans la partie arabe de Jérusalem. L’ONU les aide à construire des maisons dans le quartier de Sheikh Jarrah, et en particulier dans une rue où s'installent 70 familles. La plupart sont encore là aujourd’hui.

Mais depuis quelques années, des juifs ont introduit des recours. Arguant du fait qu’au XIXe siècle, bien avant la création d'Israël, une petite communauté juive habitait sur ces terrains. Avant de fuir eux aussi en 1948. C’est expulsés contre expulsés. Des arabes qui sont là depuis 73 ans, contre les juifs descendants de ceux qui étaient là auparavant.

La justice israélienne a donné raison aux israéliens

Dix familles palestiniennes du quartier sur 70 ont donc déjà dû quitter les lieux. Aussitôt remplacées par des israéliens. Et trois autres familles palestiniennes sont aujourd’hui sur le point d'être expulsées. La cour suprême devait rendre son jugement lundi. La décision a finalement été remise à plus tard, pour calmer les esprits.

Mais trop tard, les tensions sont montées ces derniers jours. Des Palestiniens venaient le soir dans cette petite rue, après la rupture du jeûne du ramadan pour manifester leur solidarité avec les familles. Puis des militants israéliens d'extrême droite sont eux aussi venus manifester et les premiers incidents ont éclaté.

Puis les violences ont gagné le centre de la Vieille ille et la porte de Damas. Tous les soirs la semaine dernière, des Palestiniens se sont rassemblés et se sont retrouvés face à des jeunes juifs d'extrême droite qui criaient mort aux Arabes.

Ce week-end, les choses ont dégénéré

Selon un enchaînement que l’on connaît bien. C’est toujours le même engrenage depuis la deuxième intifada il y a plus de 20 ans. Des jets de pierres sur la police, sur l’esplanade des mosquées. La riposte avec des balles en caoutchouc, des lacrymogènes, des canons à eau. La police prit le contrôle de la mosquée Al-Aqsa en tirant des grenades à l'intérieur du lieu saint. Lundi matin, plus de 300 manifestants palestiniens ont été blessés, et 17 policiers israéliens.

Et puis en fin de journée, les événements ont pris une tournure plus militaire. Roquettes contre frappes aériennes. Un déluge de feu s'abat depuis sur la bande de Gaza et le sud d'Israël, tuant au moins 26 Palestiniens et deux Israéliennes, dans la pire escalade des dernières années entre le Hamas et l'Etat hébreu, déclenchée à la suite de violences à Jérusalem-Est.

Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne, a fait état de 26 morts, dont neuf enfants, dans des raids israéliens, en plus de 125 blessés. Le Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, a indiqué que deux de ses commandants figuraient parmi ces décès.

Côté israélien, une pluie de roquettes s'abattait sur les villes d'Ashdod et d'Ashkelon situées au nord de la bande de Gaza, le Hamas affirmant avoir lancé dans l'après-midi 137 roquettes en moins de cinq minutes, un barrage donnant des maux de tête au bouclier antimissile israélien "Dôme de Fer".

On en est là, et il n’y a pas de raison qu’on en reste là. Tout indique que l’escalade va se poursuivre.

Tout cela alors qu'Israël n’a pas de gouvernement

Et c’est d’autant plus inquiétant. Benjamin Netanyahou expédie les affaires courantes depuis les élections de mars dernier. Il n’a pas réussi à former un nouveau gouvernement.

Le président a chargé un centriste, Yaiïr Lapid d’essayer à son tour de constituer une majorité, mais pour y parvenir, il envisage de laisser le poste de Premier ministre à un nationaliste très à droite, Naftali Bennet, connu pour son hostilité absolue aux palestiniens et partisan de la manière forte pour riposter aux manifestations et aux tirs de roquettes. Ce qui ouvre la porte à toutes les surenchères. 

Les Etats-Unis, l'Europe, la Russie lancent des appels au calme. Les Américains demandent à Israël de renoncer à l’expulsion de ces trois familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, là où tout a commencé.

Nicolas Poincaré (avec J.A.)