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Syrie: "Cette intervention ne renverse pas le cours de la guerre"

Tir d'un missile de croisière depuis une frégate de la Marine française le 14 avril 2018

Tir d'un missile de croisière depuis une frégate de la Marine française le 14 avril 2018 - AFP

Après les frappes en Syrie lancées dans la nuit de vendredi à samedi, la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni passent le relais à l'ONU, avec un projet de résolution.

"Mission accomplie". Donald Trump et ses alliés français et britannique estiment avoir réussi leurs bombardements contre la Syrie de Bachar al-Assad accusé d'avoir utilisé des armes chimiques.

Après cette opération militaire "limitée" qui a visé trois sites liés au programme d'armement chimique syrien sans faire de victimes, selon les Occidentaux, la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni entendent relancer la diplomatie. Ils ont remis samedi soir à leurs 12 partenaires du Conseil un nouveau projet de résolution sur la Syrie qui devrait être discuté à partir de lundi, selon des diplomates.

Le président Assad dénonce une agression

Mais pour le chercheur à l'institut français d'analyse stratégique, David Rigoulet-Roze, ces frappes ne préfigurent en rien une résolution du conflit syrien:

"D'une certaine manière, Bachar al-Assad a gagné sa guerre. On le voit sur le terrain de jour en jour. D'ailleurs la reprise complète de la Ghouta orientale le prouve. Il ne s'agit absolument pas de renverser le cours de la guerre. Ladite opposition insurgée a considéré que ce type d'opération ne changeait rien à ces situations ce qui est tout à fait exact. En revanche c'est un tournant dans le sens où on signifie aujourd'hui que le recours à ce type d'armes n'est plus tolérable. Le régime saura à quoi s'en tenir et donc c'est incontestablement une étape importante de ce point de vue-là".

Le président Assad a dénoncé une "agression" qui ne fait que "renforcer" sa "détermination à continuer de lutter et d'écraser le terrorisme", terme par lequel il désigne les rebelles islamistes. Moscou a évoqué une "insulte" au président Vladimir Poutine, tandis qu'en Iran, le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les dirigeants américain, français et britannique de "criminels".

Juliette Droz (avec P.B.)