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Une des figures du jihadisme français arrêtée en Syrie: "Il est crucial de pouvoir l'extrader"

Le Français Thomas Barnouin a été arrêté à la mi-décembre par les combattants kurdes en Syrie, où il était parti se battre aux côtés de l'Etat islamique. Cet Albigeois de 36 ans était une des figures des filières jihadistes du Sud-Ouest.

Vétéran de la nébuleuse jihadiste du Sud-Ouest dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Clain, Thomas Barnouin est tombé à la mi-décembre aux mains des combattants kurdes en Syrie, où il était parti se battre en 2014.

Sur place, il a eu un rôle de référent religieux important pour les jihadistes francophones. Prédicateur influent et recruteur, il est arrêté en 2006 alors qu'il veut aller combattre en Irak. Condamné ensuite à 5 ans de prison dans la filière d'Artigat, ce village de l'Ariège où résidait Olivier Correl. Cet imam salafiste est souvent présenté comme le mentor de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, et de Fabien Clain, "voix" de la revendication par l'EI des attentats parisiens du 13 novembre 2015.

"Le premier de cette importance qui est pris vivant"

Pour Jean-Charles Brisard, consultant en renseignement, cette prise est importante et il faut négocier son retour avec les autorités kurdes:

"Depuis le début du conflit, c'est sans doute la figure jihadiste française la plus emblématique. Et c'est le premier de cette importance qui est pris vivant dans la hiérarchie de l'Etat islamique. Son retour est important parce qu'il détient sans doute des informations cruciales. C'est la raison pour laquelle il est absolument crucial pour la France de pouvoir l'extrader pour pouvoir l'interroger".

1.700 Français partis faire le jihad

Selon le gouvernement français, environ 1.700 Français sont partis rejoindre les zones jihadistes irako-syriennes à partir de 2014. Sur ce total, au moins 278 sont morts et 302 sont revenus en France (244 adultes et 58 mineurs). Les autres ont été soit capturés par les forces qui combattent l'EI en Syrie et en Irak, soit tués dans les combats, soit ont fui vers les derniers territoires tenus par l'EI ou d'autres foyers jihadistes (Libye notamment).

D'après les services de renseignement français, "quelques dizaines" d'adultes français, combattants jihadistes ou leurs épouses, se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie.

P.B. (avec J.C)