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Victoire des indépendantistes en Catalogne: "On ne peut pas s'arrêter là"

Les partis indépendantistes ont remporté dimanche la majorité absolue des sièges aux élections régionales en Catalogne. Un succès qui réjouit les Catalans expatriés en France et rencontrés par RMC au siège du gouvernement catalan à Paris (17e).

Les deux partis favorables à l’indépendance de la Catalogne ont remporté dimanche la majorité absolue des sièges aux élections régionale. Après le dépouillement de 97% des bulletins, la liste "Ensemble pour le oui", principale coalition indépendantiste, obtient 62 sièges. L'autre liste indépendantiste, d'extrême gauche, Candidature d'unité populaire (CUP), en obtient 10. Ensemble, leurs 72 sièges dépassent la majorité absolue à 68 sièges sur 135.

"Je pensais ne jamais voir ça"

Une victoire largement fêtée par de nombreux catalans expatriés en France qui se sont regroupés au siège du gouvernement catalan à Paris (17e). Rencontrés par RMC sur place, certains ont lutté toute leur vie pour une Catalogne indépendante. C'est le cas de Narcisse Bonnet, 82 ans: "On lutte depuis 60 ans et (avec ces résultats) nous avons enfin mis le pied dans le chemin de l'indépendance, se réjouit cet ancien musicien et chef d'orchestre, très ému. Je pensais ne jamais voir ça".

Alors que près de huit électeurs sur dix se sont déplacés pour aller voter, Adriana, 25 ans, estime donc qu'il s'agit d'une victoire sans appel. "C'est la victoire du peuple et l'on ne peut pas s'arrêter là". Ainsi, si le processus va jusqu’au bout, dans deux ans, la Catalogne sera un nouveau pays. Pour autant, sera-t-il membre de l’Union Européenne? Va-t-il s’en sortir économiquement? Francesc se pose bien sûr toutes ces questions et pour lui, pas de doute: avec le soutien de l'Europe tout est possible.

"Comme nous sommes très têtus, on y arrivera"

"L'Union Européenne va bien trouver une place pour un Etat de 7,5 millions d'habitants qui, pour la plupart, souhaitent continuer à être en Europe", estime-t-il. "Le chemine ne va pas être facile, assure de son côté Sisco Anuñes, militant indépendantiste et infirmier libéral en France. Il va y avoir des pourparlers avec le gouvernement espagnol, avec l'Union Européenne et comme nous sommes très têtus, on y arrivera".

Et d'ajouter: "Nous, la seule chose que l'on veut, c'est un petit pays, sans roi, ni reine: une vraie république européenne, moderne, qui aille de l'avant". Toutefois, le gouvernement central de Madrid s’oppose toujours fermement à une sécession. Il faut dire que Si la Catalogne s'en allait, elle emporterait avec elle un cinquième du PIB de l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, et un quart de ses exportations.

M.R avec Violette Voldoire