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"Je n’avais pas du tout l’intention de provoquer": Patrick Balkany s’explique après la révocation du bracelet électronique

Invité d’"Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, Patrick Balkany s’est expliqué sur la révocation du placement sous bracelet électronique qui pourraient le conduire en prison, tout comme son épouse, qui a fait une troisième tentative de suicide après l’annonce de cette décision.

Retour en prison pour Patrick Balkany ? Incarcéré de septembre 2019 à février 2020 à la prison de la Santé, à Paris, après avoir été condamné à quatre ans pour "fraude fiscale massive", l’ancien maire de Levallois risque de devoir y retourner après la révocation de son placement sous bracelet électronique à la suite de nombreux manquements. "Je connais (la prison), ce n’est pas agréable, mais ce n’est pas la prison qui me fait peur, assure-t-il. La seule chose qui me fait vraiment peur, c’est de laisser mon épouse toute seule, dans la nature. Ce qui me gêne, c’est le fait qu’on me condamne comme si j’avais fait une faute. Mais je n’ai pas fait de faute. J’ai fait sonner parce que j’ai fait dix mètres pour aller au courrier, ce n’est pas normal. Je ne sortais pas de la maison."

Son épouse, Isabelle, est également concernée par cette révocation. Elle avait été condamnée à trois ans de prison sans mandat de dépôt, le tribunal tenant compte de son état de santé. Après avoir appris cette décision, Isabelle Balkany a fait une troisième tentative de suicide.

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"Elle répétait qu’elle n’irait pas en prison, qu’elle se suiciderait"

"J’étais en bas, j’ai reçu un coup de téléphone de mon avocat, m’annonçant la nouvelle, explique Patrick Balkany. Elle était dans sa chambre. Elle a parlé avec son avocat. Ma belle-fille est montée et l’a trouvée. Elle avait avalé un paquet de médicaments. Malheureusement, Isabelle est très fragile. J’essayais tous les jours de lui dire qu’elle n’ait pas de pensées morbides. Elle répétait qu’elle n’irait pas en prison, qu’elle se suiciderait. Elle avait déjà fait deux tentatives de suicide lourdes. Elle était restée un mois à l’hôpital à Mantes, elle avait été dans le coma. Elle avait recommencé, elle s’était retrouvée en réa à Rouen. C’était terrible. J’ai cru qu’on allait la perdre. Je pensais sincèrement qu’elle ne recommencerait pas. Quand il y a eu cette décision en décembre, de vouloir nous mettre en prison pour des dysfonctionnements, depuis ce temps-là, elle n’était plus la même."

"Je ne pensais pas une seconde qu’on enverrait mon épouse en prison, ajoute l’ancien maire de Levallois. Elle a 74 ans, elle est très fragile, malade. Je ne pense pas qu’elle soit un danger pour qui que ce soit, à part pour elle-même. Elle passe ses journées à jardiner, ce qui lui sort des mauvaises idées et c’est une bonne chose."

"Il faudrait que je vive deux siècles"

Alors que le couple a fait sonner les bracelets électroniques une centaine de fois depuis mars 2021, Patrick Balkany assure qu’il n’avait "pas du tout l’intention de provoquer qui que ce soit, ni de ne pas respecter (son) aménagement de peine". "Avant d’avoir le bracelet, quand je suis sorti de prison, j’ai été en conditionnelle et j’allais tous les 15 jours à la gendarmerie pour signer, souligne-t-il. J’ai toujours respecté. Pendant un an, tout s’est bien passé. Et puis un jour, le juge d’application des peines d’Evreux a décidé de mettre le bracelet pour un an, jusqu’au 10 mars. On n’a jamais eu de problèmes. J’ai entendu que je n’avais répondu à des convocations du service pénitentiaire, c’est totalement faux. Est-ce que c’est parce que notre bracelet arrivait à échéance et qu’ils ne voulaient pas qu’on soit en liberté à partir du 10 mars ? Ça m’a tout l’air d’être un prétexte. Dans un mois, on aurait été libre de nos mouvements."

D’après Patrick Balkany, les services fiscaux attendent encore "10-15 millions" d’euros et le couple n’est pas en mesure de régler l’addition. "Je n’ai été condamné à aucune amende. Par contre, j’ai un litige important avec le fisc qui a surévalué toutes les propriétés, explique-t-il. La maison de Saint-Martin, sur laquelle on nous réclamait dix ans d’ISF alors que la société avait payé là-bas, a été évaluée à 5 millions. Elle a été vendue, avec l’autorisation du juge Van Ruymbeke, 1,8 million. Ici (à Giverny, ndlr), ils nous demandent trois fois le prix qu’a évalué l’expert judiciaire de l’Eure. On nous réclame aussi sur la villa de Marrakech, qui ne nous a jamais appartenu. Et sur un compte qui n’a jamais été à moi. De toute manière, on ne peut pas payer. On nous a pris la seule réserve qu’on avait. Nous n’avons que notre retraite, qui est confortable, si on ne payait pas plus. Il faudrait que je vive deux siècles. Vous ne pouvez pas donner plus que vous n’avez. Tout appartient aux enfants. Et le train de vie de cette maison, avec le fioul, l’électricité, coûte très cher. Les impôts aussi. Il ne nous reste quasiment rien à la fin du mois. On paye le fisc tous les mois. Prenez tout ce qu’il y a. je ne peux pas vous donner ce que je n’ai pais."

LP