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"L’inflation revient": Michel-Edouard Leclerc alerte et fait la liste des hausses des prix

Patron du groupe Leclerc, Michel-Edouard Leclerc alerte ce mardi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story sur l’augmentation des prix en 2022.

Le caddie va peser plus lourd dans le porte-monnaie. Invité d’"Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique du groupe éponyme, alerte sur l’envolée des prix. "L’inflation revient, explique-t-il. L’Insee dit qu’en France, elle est à 2,8%. On se dit que c’est bizarre, parce qu’aux Etats-Unis, ils ont dépassé les 6%, qu’en Allemagne ils sont à 5,5%, qu’au Portugal ils sont à 6%. Pourquoi ça a l’air plus bas en France ? D’abord, je conteste, non pas la réalité des calculs de l’Insee, mais je pense qu’on regarde les statistiques du passé et pas ce qu’il se passe en magasin."

"Aujourd’hui, dans les magasins, les consommateurs le constatent, ajoute Michel-Edouard Leclerc, qui a décidé de bloquer le prix de la baguette. Le prix des pâtes a augmenté de 15 à 20%. Beaucoup de denrées comme le beurre, les corps gras, sont en train d’augmenter. Je vais vous donner une petite liste: les pâtes +14% ce mois-ci, les huiles +6%, les sirops +8%, les fruits et légumes +10%, les corps gras +8%." Michel-Edouard Leclerc estime lui que l’inflation sera de 4% en 2022, comme il l’avait déjà annoncé à l’automne dernier, "sachant que l’Etat a bloqué les prix de l’énergie parce que sinon, on serait comme en Allemagne".

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"On va négocier durement, prendre sur nos marges, bloquer un certain nombre de prix"

Pour limiter l’impact sur les consommateurs, Leclerc promet d’être très dur dans les négociations. "On va négocier durement, prendre sur nos marges, bloquer un certain nombre de prix de denrées de première nécessité, explique Michel-Edouard Leclerc. Si on acceptait toutes les hausses industrielles, la ponction dans les centres Leclerc serait d’1 milliard d’euros, dont 300 millions pour les produits agricoles et 700 millions sur les produits manufacturés. On va privilégier les produits agricoles français. On va sanctuariser les négociations sur les produits agricoles, nous l’avons promis aux parlementaires et au ministre de l’Agriculture. Nous allons négocier avec les grands industriels français et multinationaux pour que la hausse soit beaucoup plus modérée. Dans la hausse présentée par les industriels, il y a de la spéculation et la rémunération des actionnaires. Ça, ça peut se discuter."

LP