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Les cheminots ont envahi le siège de la SNCF après le vote au Sénat de la réforme

Si les sénateurs ont approuvé la réforme polémique de la SNCF mardi, la grève reprend mercredi soir pour la 14ème séquence. Les syndicats entendent ne pas baisser la garde.

Un pas de plus pour la réforme ferroviaire : les sénateurs ont adopté mardi en première lecture -240 voix pour et 85 contre- le projet de loi qu'ils avaient modifié pour donner des gages aux syndicats mais ces derniers excluent de mettre fin à la grève afin de peser jusqu'au bout du processus parlementaire.

Les grands principes du projet gouvernemental, adopté à l'Assemblée en première lecture, sont conservés: ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics et fin des recrutements au statut de cheminot.

Ce "conflit historique n'est pas encore terminé", a prévenu la CFDT cheminots. "Les grévistes continueront la grève", a averti Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots.

"On veut une grève qui pèse et qui bloque"

Mardi, une centaine de cheminots l'a prouvé en envahissant le siège de la SNCF, à Saint-Denis. Ils ont défilé dans les bureaux, sous les yeux amusés des cadres de la SNCF. L'adoption de la réforme du ferroviaire par les sénateurs ne change rien, selon Karim, militant SUD Rail.

"On a eu l'exemple avec le CPE: le gouvernement a poussé jusqu'au bout et derrière il n'a pas mis sa loi en application. Nous, tant qu'on aura des cheminots en grève et déterminés, ça va aller en se durcissant. C'est hors de question de partir sur une défaite".

Mais après 2 mois de conflit, Anas reconnait que les grévistes ont du mal à peser. Il souhaite durcir le mouvement:

"Si on veut gagner, bougeons le calendrier. La grève perlée jusqu'à fin juin, c'est la défaite. Il faut arrêter cette prévisibilité des usagers, des patrons, du gouvernement. Tout le monde s'est adapté à ce système, tout le monde sait quel jour il faut éviter le train. On veut une grève qui pèse et qui bloque". 

Une question qui doit être discutée lors d'assemblées générales dans les gares, en attendant l'adoption finale de la loi au parlement la semaine prochaine.