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Mobilisation contre la loi Travail: "C'est l'avenir de beaucoup de jeunes qui est en train de se jouer"

Ce mercredi 9 mars constitue la première journée de mobilisation contre le projet de loi El Khomri. Les organisations étudiantes, lycéennes ainsi que plusieurs syndicats ont ainsi appelé à manifester. "Il faut retirer ce texte et partir sur d'autres bases", a assuré, sur RMC, William Martinet, président de l'Unef.

La réforme du Code du travail face à son premier test de grande ampleur. Les syndicats étudiants, lycéens, salariés (FO, CGT) ainsi que les associations de jeunesse ont appelé à manifester ce mercredi 9 mars contre le projet de loi El Khomri. Tous appellent au retrait du projet de loi qu'ils qualifient de "régression sociale". Au total, près de 250 rassemblements sont organisés au quatre coins de la France.

"Ce n'est pas vrai"

Alors que François Hollande a estimé mardi, à la veille de ces manifestations, "pouvoir éviter les ruptures" et insisté sur le fait que le projet de loi El Khomri est "un texte qui n'a pas encore été adopté en Conseil des ministres et qui est encore en concertation, en discussions avec les partenaires sociaux", William Martinet, président de l'Unef, lui a répondu ce mercredi sur RMC. "Le président nous explique qu'il n'y a pas de projet de loi, ce n'est pas vrai. Il y a un avant-projet de loi qui a été présenté en Conseil d'Etat et aujourd'hui les négociations, les discussions se font par rapport à cet avant-projet", rappelle-t-il.

Et le responsable de la première organisation étudiante de France d'ajouter; "Heureusement que ce débat autour du projet de loi Travail n'est pas réservé aux juristes spécialisés dans le droit du travail. Avec ce projet de loi, c'est l'avenir de beaucoup de jeunes qui est en train de se jouer". Mais en quoi ce projet de loi concerne-t-il concrètement les jeunes? "Il y a près de deux millions d'étudiants qui travaillent pour financer leurs études. Il y a donc deux millions d'étudiants qui sont déjà dans l'entreprise, déjà confrontés à la précarité", répond William Martinet.

"Précaires toute notre vie"

"Mais, au-delà de ces deux millions de jeunes qui travaillent, tous les sacrifices que font les étudiants pour obtenir leur diplôme c'est évidemment pour pouvoir s'insérer dans le monde du travail. Or, chose inacceptable, la précarité de nos études va, avec ce projet de loi, se retrouver sur le marché du travail. Ainsi, même avec un diplôme, on continuera à être précaire toute notre vie. C'est pour cela que chez les jeunes, chez les étudiants il y a une envie de se mobiliser".

William Martinet prend alors un exemple concret prévu dans la réforme du Code du travail: le plafonnement des indemnités prud'homales. "A l'heure actuelle, un jeune avant d'être embauché en CDI et d'accéder à la stabilité doit passer par un 'tunnel de précarité' (stages, CDD ou encore service civique) de plusieurs années, explique-t-il. Or ce qu'on est en train de nous expliquer avec le plafonnement des indemnités prud'homales, c'est que même quand on aura décroché un CDI, on restera précaire".

"On ne nous a jamais écoutés"

Si cet article est supprimé, y a-t-il encore des raisons de manifester? "Si c'est le cas, on avance beaucoup. Ce sera un gros changement mais pour autant on ne lèvera pas les mots d'ordre de manifestation, assure le président de l'Unef. Il faudra ensuite passer aux autres sujets sensibles ". Très remonté, William Martinet tient à souligner que "Manuel Valls dit 'On concerte, on concerte', mais je constate que les organisations de jeunesse n'ont pas été reçues alors que tous les syndicats professionnels, y compris ceux qui demandent le retrait du texte, l'ont été."

Il insiste encore: "Il y a un seuil de tolérance des jeunes à la précarité qui est déjà dépassé donc maintenant il faut retirer ce texte et partir sur d'autres bases. Il y a d'autres choses à faire. Cela fait des mois que l'on toque à la porte du ministère du Travail pour essayer de travailler avec eux sur la question de l'emploi des jeunes. On ne nous a jamais écoutés…"