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Mondial au Qatar: vers un boycott des écrans géants dans plusieurs grandes villes

INFORMATION RMC – Après Lille, Reims, Strasbourg, plusieurs autres grandes villes françaises comme Marseille et Bordeaux pourraient boycotter l'événement en n'installant pas d'écrans géants ni de fan zones.

A un mois et demi du lancement de la Coupe du monde au Qatar, plusieurs grandes villes françaises boycottent l'événement à leur manière. Pour elles, pas de fan zone, ni d'écran géant. C'est la décision qui a été prise à Lille, où le conseil municipal a voté à l'unanimité pour cette décision. Sur Twitter, la maire socialiste, Martine Aubry se justifie : la coupe du monde au Qatar est "un non sens au regard des droits humains, de l'environnement et du sport".

"Si vous êtes supporter de foot et homosexuel, vous prenez un vrai risque de finir en prison. On ne peut pas accepter qu'il y ait 6.500 personnes qui aient été traitées en esclaves et qui ont laissé leur vie pour construire les stades", explique Arnaud Deslandes, adjoint à la maire de Lille.

Même engagement pour Strasbourg. L'annonce a été faite en début de semaine par la maire écologiste: la ville, siège de la Cour européenne des Droits de l’Homme, ne peut pas cautionner les maltraitances et ne peut pas fermer les yeux quand les droits humains sont ainsi bafoués, explique la mairie. L’argument est aussi écologique face à l’urgence climatique. On a un devoir d’exemplarité à l’heure où l’on appelle les Français à la sobriété, justifie t-elle. Enfin, à Reims, le maire n’installera ni fan zone ni grand écran pour les mêmes raisons.

Bordeaux ou Marseille pourraient emboîter le pas

D’autres grandes villes pourraient leur emboiter le pas. Selon nos informations, à Bordeaux, le maire est opposé à la retransmission des matchs mais rien n'est encore acté officiellement.

"Je ne veux pas être accusé de complicité avec une telle manifestation. Cette retransmission contribuerait à banaliser une gabegie énergétique indécente au moment où on appelle nos concitoyens à la sobriété" explique à RMC, le maire de Bordeaux Pierre Hurmic.

A Marseille, on ne parle pas de boycott mais il n'y aura pas d’écran géant avant la finale, et uniquement si l’équipe de France se qualifie. La mairie précise que c'est parce qu'il fera trop frais et qu'elle veut laisser la primauté aux restaurants et aux cafés.

"Nous sommes une ville de foot. La Coupe du monde appartient au monde. On ne va pas punir les amateurs de foot parce qu'elle a lieu dans tel ou tel endroit" explique Samia Ghali, adjointe au maire.

D'autres villes n'ont pas encore tranché la question comme Paris ou Montpellier. A Toulouse, la décision doit être prise d’ici la fin du mois.

En tous cas, plus le Mondial approche plus les voix s’élèvent contre la tenue de l’évènement et les appels au boycott se multiplient. Les polémiques sont nombreuses : 6.500 morts sur les chantiers des stades selon les ONG. Des stades climatisés parfois à ciel ouvert et construits en plein désert, des supporters soumis aux lois rigoristes de l’émirat. Autre information publiée cette semaine, il y aura tous les jours 160 vols pour transporter les supporters pour venir assister aux matchs, soit un avion toutes les 10 minutes. L’émirat ne peut pas accueillir et loger tout le monde. Voilà de quoi alourdir encore un peu plus le bilan énergétique d'un Mondial déjà bien critiqué.

Amandine Réaux, Margaux Bourdin avec Maxime Martinez