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Affaires du FN: "Plus Marine Le Pen est attaquée, plus elle peut jouer sur la théorie du complot"

Marine Le Pen doit faire face à plusieurs affaires judiciaires. (Photo d'illustration)

Marine Le Pen doit faire face à plusieurs affaires judiciaires. (Photo d'illustration) - AFP

Le Front national est une fois de plus visé par des affaires judiciaires. Le 15 février, un proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, a été mis en examen, dans l'affaire du financement des campagnes électorales du parti.

Nouvelle mise en examen pour un proche du Front national. Frédéric Chatillon, pilier de la communication du parti d'extrême droite à travers sa société Riwal, a été mis en examen dans l'enquête sur le financement des campagnes électorales du parti frontiste. 

L'ex-dirigeant du GUD, syndicat étudiant d'extrême droite, a été mis en examen, le 15 février, pour "abus de biens sociaux" dans le cadre d'une information judiciaire ouverte fin octobre. Celle-ci concerne les élections municipales et européennes de 2014, ainsi que sur les départementales de 2015, a précisé cette source, confirmant une information du Monde.

"Cela va être un argument de campagne pour le FN"

Pour Jean-Paul Gaultier, historien spécialiste de l'extrême droite, ces affaires judiciaires ne desservent pas forcément Marine Le Pen:

"Cela va être un argument de campagne pour eux, en disant 'vous voyez, le système est contre nous'. Plus Marine Le Pen est attaquée par des mesures de justice, plus cela peut jouer sur la théorie du complot, et plus ça peut la renforcer: 'Moi je dis la vérité au peuple, et résultat, comme je dénonce un certain nombre de choses, on m’attaque'. A mon avis, ça ne la gêne pas, bien au contraire". 

La justice soupçonne le parti d'avoir mis en place, via des kits de campagne fabriqués par Riwal, une escroquerie au préjudice de l'Etat, qui rembourse les frais de campagne, par le biais notamment de surfacturations. Et, elle reproche à Frédéric Chatillon d'avoir mené grand train grâce à ces montages.

"Si elle veut briser ce fameux plafond de verre au deuxième tour, cela pourrait lui être préjudiciable"

Une autre enquête, encore au stade préliminaire, a été ouverte début novembre concernant les régionales de 2015. Frédéric Chatillon a été mis en examen car les juges soupçonnent sa société Riwal d'avoir accordé un crédit au parti frontiste via Jeanne, un mouvement satellite du FN. Or, les personnes morales n'ont pas le droit de contribuer au financement des partis politiques, a relevé une source proche de l'enquête.

Pour le politologue Eddy Fougier, c'est toute la stratégie politique du FN qui est fragilisée par ces démêlés judiciaires:

"Du côté des électeurs, je dirais qu’il y a une indignation à géométrie variable. Les électeurs du FN les plus sûrs d’aller voter sont relativement indifférents par rapport à ces affaires. En revanche, cela pourrait être préjudiciable à la candidature de Marine Le Pen si elle veut élargir son électorat bien au-delà des sympathisants et son électorat classique. D’un certain point de vue, cela ne va rien changer, mais si elle veut progresser et envisager de briser ce fameux plafond de verre au deuxième tour, ça pourrait lui être préjudiciable".

Les enquêtes s'accélèrent

Cette mise en examen intervient alors que l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants de députés FN au Parlement européen s'est accélérée la semaine dernière. Le siège du Front national à Nanterre a été une nouvelle fois perquisitionné et la chef de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset, a été mise en examen.

Convoquée mercredi par les enquêteurs, la présidente du Front national, en tête dans les sondages pour le premier tour de la présidentielle, a refusé de s'y rendre. "Je ne répondrai pas pendant la campagne électorale. Cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Alexandra Milhat avec Miléna Peillon