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Attaque à la prison d'Osny: "Il a tracé un cœur avec le sang de nos collègues"

TÉMOIGNAGE - Dimanche, deux surveillants ont été agressés par un détenu radicalisé à Osny, dans le Val-d'Oise. Un surveillant de la maison d'arrêt livre, ce mercredi sur RMC, un récit glaçant des faits.

Trois jours après l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé d'Osny (Val-d'Oise), l'émotion est toujours très vive chez le personnel de la maison d'arrêt. Et peu à peu, le canevas de l'agression commence à se dessiner. Car tout s'est passé très vite. Il est 15 heures, ce dimanche, à la prison d'Osny, lorsque les détenus de l'unité de prévention de la radicalisation sortent en promenade.

"Il n'y avait que deux agents", précise Samuel Dehondt, surveillant brigadier à la maison d'arrêt d'Osny dans le Val-d'Oise. Ce représentant du syndicat FO Pénitentiaire en Ile-de-France n'était pas là au moment de l'agression, mais en livre, ce mercredi sur RMC, un récit très détaillé.

Un pic de 15 cm "dans la gorge"

Au moment de faire sortir les détenus, un surveillant s'aperçoit qu'un détenu cache quelque chose sous une serviette de bain. Le surveillant lui ordonne de regagner sa cellule. L'individu fait semblant d'obtempérer, avant de se "jeter volontairement sur notre collègue" et de lui planter un pic de 15 centimètres de long "dans la gorge", raconte Samuel Dehondt.

Alors que le surveillant grièvement blessé tente de prendre la fuite, son agresseur "le poursuit dans toute la coursive pour le poignarder dans le dos, au niveau du thorax". A ce moment-là, le second collègue intervient et est blessé, lui, au niveau du biceps - il a dû être recousu - et, plus légèrement, au niveau de la tête.

Mais les deux collègues parviennent à s'extraire de la coursive et à s’isoler en claquant une porte électrique. "Ils ont réussi à quitter cette aile, heureusement, sinon ils ne seraient plus là", s'émeut Samuel Dehondt, qui précise que l'assaillant "criait en arabe" des propos que personne ne comprenait.

"Il y avait du sang partout"

Il faudra trois heures avant que n'interviennent les renforts de l’équipe régionale d'intervention et de sécurité (ERIS). Trois longues heures pendant lesquelles l'agresseur est loin de se calmer. Samuel Dehondt raconte cette scène, très choquante :

"Ils s'est emparé de son couteau, l'a posé par terre, a pris ses mains pour ramasser du sang qu'il y avait sur la coursive. Il y avait du sang partout. C'était abominable. Les agents étaient choqués. Puis il s'est dirigé vers la fenêtre de l'aile, qui le séparait des autres surveillants, pour tracer, avec le sang de nos collègues, un cœur. Mettre le doigt en l'air [index droit vers le cielcomme le font nombre de djihadistes, ndlr] et faire des prières".

Lors de l'intervention des membres de l'ERIS, l'individu, toujours aussi excité, "s'est rué en criant en arabe sur nos collègues, l'arme à la main". Avant d'être maîtrisé par une balle de caoutchouc.

DÉBAT >> Faut-il renforcer la sécurisation des unités de prévention de la radicalisation, comme le demande le député PS Joaquim Pueyo ?

C. P.