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Attentats du 13-Novembre: que devient "Sonia", celle qui a permis de neutraliser Abdelhamid Abaaoud?

INFO RMC - C'est la grande absente du procès de Jawad Bendouad où son nom est cité plusieurs fois par jour. RMC vous donne des nouvelles de "Sonia", un nom d'emprunt, héroïne des attentats de 2013.

C'est elle qui avait dénoncé Abdelhamid Abaaoud et qui avait ensuite cherché, pour la police, l'adresse de l'appartement de Jawad Bendaoud, où se cachaient les terroristes qui préparaient un attentat à La Défense. Quelques mois après, elle avait contacté RMC, se sentant abandonnée par l'Etat. Elle et sa famille avaient dû changer d'adresse du jour au lendemain. Elle devait vivre cachée, sans utiliser son identité. 

Depuis un an, Sonia et ses proches bénéficient officiellement du dispositif de protection des témoins. Le décret paru en janvier 2017, Sonia est devenu le premier témoin protégé, prise en charge par un service spécial qui gérait jusqu'ici les repentis. Depuis, elle bénéficie d'une identité d'emprunt et d'une aide financière de l'Etat.

"L'Etat n'a pas encore tenu toutes ses promesses"

Mais "le retour à une vie normale s'avère difficile", selon son avocate, Me Samia Maktouf. Sonia a du apprendre à vivre loin de membres de sa famille, encadrée par des policiers lorsqu'elle les retrouvent. Toujours selon son avocate, "l'Etat n'a pas encore tenu toutes ses promesses, notamment en ce qui concerne l'aide au retour à l'emploi".

La loi prévoit pourtant que les témoins protégés comme elle, peuvent bénéficier de mesures de réinsertion. La journaliste de RMC, Claire Andrieux, qui l'a connue en 2016, estime pour sa part que "le recours à une aide sociale pour appuyer les policiers dans le travail de réinsertion pourrait s'avérer utile".

Son nom revient chaque jour au procès de Jawad Bendaoud

Sonia suit le procès de Jawad Bendaoud et de deux autres prévenus qui se tient en ce moment à Paris à travers les médias, selon son avocate. "Cela ravive des souvenirs très douloureux chez elle, ce qu’elle a vécu au moment de la découverte de ces terroristes et du travail qu’elle a du faire sans état d’âme (appeler la police et obtenir l'adresse de la planque, ndlr). C'est important car c’est un nom qui revient chaque jour à l’audience". L'avocate tient à rendre hommage à "son geste citoyen qui a permis de sauver des vies", comme d'autres parties civiles l'ont déjà fait au cours de ce procès.

Sollicité, le ministère de l’Intérieur n'a pas donné suite, le ministère de la Justice rappelle que le dispositif de protection est basé sur "un principe de confidentialité" et se refuse à tout commentaire pour "ne pas mettre en péril les programmes de protection et donc en danger la sécurité des bénéficiaires."

Claire Andrieux et X.A