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Avec l'inflation, les vols à l'étalage progressent en France

Les vols à l'étalage n'arrêtent pas de progresser. Dans les faits, on constate une hausse de 14% des cas l'année dernière, notamment lié à la crise économique et à l'inflation. Pour contrer ce délit, certaines voix s'élèvent pour faciliter les sanctions via une contravention et donner plus de pouvoir aux agents de sécurité.

La crise et l’inflation incitent certains individus à commettre de plus en plus des comportements répréhensibles. C'est notamment le cas des vols à l’étalage. En France ont été boostés, en progression de 14% sur un an selon les chiffres rendus publics par le Ministère de l’Intérieur, soit environ 42.000 délits de la sorte. Ce délit donne pourtant rarement lieu à des plaintes. En cause notamment, des lourdeurs administratives.

À Toulouse, au marché de Cristal, les vols à l’étalage sont fréquents. Marion vend des fruits et légumes tous les matins. Les gens piquent "un truc par-ci, par-là, cela passe comme une lettre à la poste", estime-t-elle: "Une clémentine, une pomme, un poireau, cela dépend. Mais jamais de grosses quantités."

"J’en ai une, une fois, elle a essayé de voler 4 kilos, mais les clients l’on vu, moi je la regardais, les clients l’ont signalé. Elle a tout reposé et elle est partie dans l’autre sens", raconte-t-elle.

Pour ce type de délinquance, il n’y a pas de profil particulier, raconte la maraichère :"Cela peut aller de la bonne femme de bonne famille au petit pépé qui n’a plus d’argent pour se payer à manger. Il n’y a pas de profil. Rien du tout. A l’époque, on pouvait les sentir venir de loin. Maintenant, c'est vraiment monsieur et madame tout le monde…" Signe d'une crise qui touche tout le monde.

Pas une priorité pour la police et la justice

Face à ce fléau, Marion se sent souvent désemparée. "Il faudrait que les policiers soient là dans la matinée, fassent plus de rondes. Cela ne sert à rien d’aller déposer plainte, car il n’y a pas de suites, et cela prend du temps pour pas grand-chose."

Malgré la forte progression des cas, à l’hôtel de police de Toulouse, on laisse entendre que même si ces vols progressent, c’est loin d’être la principale priorité.

"Les victimes se déplacent au commissariat pour déposer plainte. Lorsqu’ils arrivent dans nos services, ils constatent une attente très conséquente Nous traitons malheureusement en priorité les atteintes aux personnes, ce qui fait que les vols à l’étalage sont relégués en seconde position" explique Patrick Xillo du syndicat Unité SGP Police, qui "regrette" cette situation: "on préférerait que les victimes soient aidées et que la Justice puisse faire son travail correctement".

Un simple PV comme solution?

Face à ce fléau pour les petits commerçants, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) souhaite une réponse adaptée à ce type de délinquance: "L’augmentation très importante nécessite de créer une infraction spécifique pour constater et du coup pouvoir dresser une amende à toute personne qui serait en train de commettre un vol à l’étalage" propose Xavier Douais, président de la branche commerce de la CPME.

Une proposition reprise par le sénateur LR de l'Essonne, Jean-Raymond Hugon. Il propose trois pistes pour régler le problème: d'abord une "infraction spécifique" qui donnerait lieu à une contravention. Aujourd'hui, le vol à l'étalage est considéré comme un vol simple et la sanction prévue par la loi va jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, des peines qui ne sont pas prononcées car elles doivent l'être par un juge rapidement, ce qui n'est absolument pas le cas actuellement.

Ensuite, il propose "un agrément permettant à un agent de sécurité de constater les faits" et de dresser la contravention, et "une certification pour le matériel de surveillance pour sécuriser les preuves des faits." Pour régler le problème de manière plus humaine et rapide. Un peu comme les contrôleurs dans le train. En France, d’après la CPME, trois commerçants sur quatre sont victimes de vols à l’étalage.

Jean-Wilfried Forquès avec MM