RMC

"Elle a explosé, ma main aussi": la "victoire amère" d'un blessé après le retrait d'une grenade controversée

En annonçant le retrait très symbolique de la grenade GLI-F4, Christophe Castaner fait un nouveau geste pour répondre aux critiques sur le maintien de l'ordre. Antoine, blessé par la grenade, témoigne sur RMC.

Le Ministre de l'interieur Christophe Castaner a annoncé dimanche le retrait "immédiat "de la grenade GLI-F4. Une grenade particulièrement polémique utilisée dans des opérations de maintien de l'ordre par les forces de l'ordre: cette grenade, assourdissante, lacrymogène, et explosive, contient 26 grammes de TNT. Elle était décriée depuis plusieurs années, notamment par des avocats de manifestants blessés par cette grenade, lors des samedis de "gilets jaunes".

Une annonce surtout symbolique: les stocks arrivaient à épuisement. Mais une décision-clé dans un contexte où le gouvernement a fait évoluer son discours notamment autour des violences policières. 

Cette annonce est vécue comme une petite victoire, notamment pour Antoine, qui a eu la main arrachée par cette grenade lors d'une manifestation des "gilets jaunes", le 8 décembre 2018: "Je l'avais confondue avec une grenade lacrymogène. Malheureusement, quand je l'ai saisie, elle a explosé et ma main aussi. 

Le retrait de cette grenade controversée est un soulagement: "C'est une victoire bien amère. C'est un joli coup médiatique, mais nous ne sommes pas encore au bout de nos peines. Il y a tout une politique de répression, toute une doctrine de maintien de l'ordre à la française qui doit être aboli et changé. Il existe d'autres façons de faire du maintien de l'ordre. Dans d'autres pays d'Europe, ça se fait et les manifestants ne sont pas moins violents qu'en France", plaide-t-il.

David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires prend acte de cette décision de retrait, mais il s'interroge sur les moyens donnés aux forces de l'ordre lors des manifestations: "Si le choix politique devait être un choix plus durable de retirer des armes intermédiaires, il faut que l'on se mette dans la perspective de savoir ce que l'on veut donner aux forces de l'ordre pour faire face".

Le ministère va remplacer les GLI-F4 par un autre type de grenade, déjà utilisées, toujours lacrymogène et assourdissante, mais sans explosif TNT à l'intérieur.

Gwladys Laffitte