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"L’agression fait partie du paysage nantais": le coup de gueule d’une restauratrice sur l’insécurité

Restauratrice à Nantes, Olivia Delezinier dénonce l’insécurité dans le centre-ville, au micro d’"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story. Elle tente de protéger ses employés en leur fournissant notamment du gaz lacrymogène et en organisant les départs des plus jeunes en fin de service.

Une restauratrice en colère. Patronne de deux établissements à Nantes, Olivia Delezinier dénonce les agressions qui se multiplient selon elle dans le centre-ville, le soir. Elle a donc décidé d’équiper ses employés. "Depuis une dizaine d’années, et plutôt cinq ans vraiment, la ville est devenue un terrain de violences et d’agressions envers toutes sortes de populations, y compris notre personnel, explique-t-elle dans ‘Apolline Matin’ ce lundi sur RMC et RMC Story. Donc j’ai mis en place certaines choses, équiper tout mon personnel de bombes lacrymogènes, faire des cours de self-défense, et avoir un petit porte-clés alarme qui fait 90 décibels, de façon à alerter quand ils rentrent du service le soir."

"On a été victime de trois agressions en une semaine, raconte la restauratrice nantaise. Dont moi-même. Je rentrais de mon restaurant, en direction d’un parking où normalement il y a un agent de sécurité. Je me suis fait coincer par un individu avec une patinette électrique. J’ai été agressée verbalement. Comme je savais qu’il y avait un agent de sécurité, je suis restée assez forte. Sauf qu’en arrivant devant la porte du parking, il n’y avait personne. Donc j’ai commencé à prendre conscience que ça aurait pu être très grave. J’ai un certain âge et je n’ai pas trop peur, donc ça va."

"Le lendemain, c’est l’un de mes employés, que j’avais embauché le matin et qui commençait à 10h, qui s’est fait agresser par trois individus quand il est sorti à 22h30, poursuit Olivia Delezinier. Il a couru sur 500m pour s’enfuir. Il s’est fait une déchirure musculaire, il n’est pas revenu travailler le lendemain. Il m’a dit que ça ne servait à rien, que la ville était pleine de violences, qu’il avait peur. Il était tétanisé, c’est vrai. La troisième agression, c’est quand on a voulu aider des voisins qui se faisaient agresser par un individu en rentrant le soir après avoir mangé au restaurant. L’individu s’est retourné contre nous, il a fait voler mes chaises et mes tables. Il est revenu deux fois de suite dans la même soirée et le lendemain, complètement à jeun, pour nous demander pourquoi on l’avait gazé."

"C’est bien la journée mais la nuit, ce n’est pas possible"

Cette cheffe d’entreprise a donc dû prendre des dispositions pour son équipe, notamment à la demande des parents de ses plus jeunes salariés. "J’ai un apprenti de 18 ans et une étudiante de 20 ans. Les deux papas m’ont demandé soit de les raccompagner, soit qu’ils viennent les chercher, mais en tout cas de les libérer assez tôt", explique-t-elle.

"Ça fait partie du paysage nantais, l’agression. C’est ce qu’on nous dit... On nous dit qu’il y en a de moins en moins, alors que ce n’est pas vrai, assure Olivia Delezinier. Nous, on est sur le terrain, il y en a de plus en plus. J’ai beaucoup de témoignages de clientes qui me disent: ‘Nous ne venons plus à Nantes, en centre-ville, parce qu’il y a des agressions, qu’on a peur d’aller jusqu’au parking’. C’est une ville qui devient de plus en plus piétonne, on ne peut pas mettre nos voitures à un endroit proche. C’est bien la journée mais la nuit, ce n’est pas possible. C’est un terrain de jeu de violences, pour se diriger vers les parkings. Quand on sort le soir, on fait attention à comment on s’habille, comment on rentre, par quelle rue on passe, et si on n’est pas toute seule."

LP