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"Le vrai silence de mort": Alain Marschall raconte ses souvenirs de l’attentat de Nice

Niçois, Alain Marschall était présent lors de l’attentat du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts et des centaines de blessés et dont le procès s’ouvre ce lundi. Le journaliste, présentateur des "Grandes Gueules" sur RMC et de "BFM Story" sur BFMTV, a raconté ses souvenirs du drame dans "Apolline Matin".

Une ville marquée à jamais. Le 14 juillet 2016, à Nice, l’attentat au camion-bélier sur la Promenade des Anglais faisait 86 victimes et 450 blessés. Comme tous les Niçois présents ce soir-là, Alain Marschall a été frappé par l’ampleur du drame. Le journaliste, présentateur des "Grandes Gueules" sur RMC et de "BFM Story" sur BFMTV, se trouvait en mer, sur un bateau, pendant le feu d’artifices. En revenant au port, puis en se dirigeant vers la "Prom" pour recueillir des témoignages et réaliser des interventions pour RMC et BFMTV, il a été saisi notamment par "le silence de mort".

"Quand on est sur le port, il faut marcher dix minutes, un quart d’heure, pour aller sur la Promenade des Anglais, raconte-t-il ce lundi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story, le jour de l’ouverture du procès à Paris. Plus j’avançais, plus je croisais des gens en état de choc. J’ai cette image d’un groupe de jeunes, avec un garçon en particulier qui avait une couverture de survie. Il tremblait, il était en larmes. Il me disait : n’y allez pas, n’y allez pas, c’est l’horreur, il y a des morts partout. Je me souviens d’un autre groupe avec des gens qui criaient « ce n’est pas possible »."

"C’est comme si on avait fermé une porte, la porte d’une ville"

"J’ai appris ce qu’est le silence de mort, explique Alain Marschall. La Promenade des Anglais, le 14 juillet, normalement, elle est noire de monde, bruyante, festive. Là, c’est le vrai silence de mort. J’avais en ligne de mire les gyrophares des voitures de police, des ambulances, des pompiers. Et on n’entendait rien. C’est comme si on avait fermé une porte, la porte d’une ville. Et la ville est plongée dans le silence. Au loin, je commence à distinguer les voitures de police. Il y a des hommes en armes partout, des gens assis, allongés… Je me dis que ce n’est pas possible. J’avance vers le Méridien, je commence à apercevoir le camion. Et je n’entends presque qu’une chose, le bruit de mes pas et de mes sanglots. Il y a ce silence terrible, dans la chaleur. Je me dis moi-même « mais qu’est-ce qu’il se passe ? »."

Alain Marschall et ses collègues journalistes vont ensuite, cette nuit-là, assister à la conférence de presse des autorités. La tension était encore très forte. "Des policiers nous ont mis en joue", se souvient le journaliste. Tu te sens étreint par le drame que tu vis en tant que Niçois. Et il faut avoir la lucidité (pour travailler). Il y avait de la tension, des policiers. On se demandait s’il y avait des complices." Le procès de l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice s’ouvre ce lundi, à Paris. Le terroriste, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, a été abattu ce soir-là. Huit accusés seront jugés sur leur participation à la préparation de ce passage à l'acte criminel.

LP