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Mort de faim et sous les coups à l'âge de 13 mois: le calvaire du petit Smaël devant la justice

Le petit garçon avait été découvert par les secours en arrêt cardio-respiratoire dans un appartement de Reims en octobre 2018.

Ils encourent chacun jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle: le procès pour "meurtre aggravé" des parents du petit Smaël, mort de faim et sous les coups en 2018 à l'âge de 13 mois, débute lundi à Reims devant la cour d'assises de la Marne. Le petit garçon avait été découvert par les secours en arrêt cardio-respiratoire dans un appartement de Reims en octobre 2018, à la suite d'un appel des parents, un Français de 34 ans né en Mauritanie et une Ivoirienne de 22 ans sans titre de séjour.

Constatant l'état de malnutrition et les multiples traces de violences sur le corps du garçonnet, les secours avaient immédiatement alerté la police. Malgré les tentatives de réanimation, Smaël décédait quelques heures plus tard.

"Il était tuméfié de partout. Il a été battu, y compris avec des câbles électriques et a peut-être aussi subi des brûlures", avait déclaré à l'époque le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette. "Atteint du scorbut, le garçonnet ne pesait que six kilos et avait en guise de lit une paillasse sur laquelle on a retrouvé du sang", révélait-t-il.

"Des dysfonctionnements et de vraies défaillances ont coûté la vie à cet enfant"

En garde à vue, le père avait nié avoir donné des coups mortels, affirmant que c'était la mère qui s'occupait de tout. Cette dernière "a fini par admettre avoir porté a minima un certain nombre de coups dans une simple logique éducative", précisait le procureur.

"Des dysfonctionnements et de vraies défaillances ont coûté la vie à cet enfant", dénonce Me Laurence Micallef-Napoly, pour l'association L'Enfant Bleu-Enfance Maltraitée qui s'est portée partie civile, comme l'association Innocence en Danger.

Selon elle, la mère, qui avait déjà un autre enfant, placé, "est totalement passée à travers les mailles du filet". "On la sait en grande difficulté et personne ne s'occupe d'elle", s'indigne l'avocate.

Soulignant que deux mois avant son décès, Smaël avait été vu par un médecin sans qu'aucune alerte ne soit lancée, l'avocate pointe aussi un manque de formation des professionnels de santé à la détection de la maltraitance infantile, rappelant que le "signalement est un devoir".

Pour les parents de Smaël, le verdict est attendu vendredi.

Maxime Levy avec AFP