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"Nous ne sommes pas des Penelope": les collaborateurs parlementaires au Sénat protestent

Ce mardi, une centaine de collaborateurs parlementaires au Sénat, essentiellement de gauche, mais pas seulement, ont protesté contre leur absence de statut en scandant "Nous ne sommes pas des Penelope" devant l'entrée du Palais du Luxembourg, à Paris. Camille Naget, trésorière de la CGT – Collaborateurs parlementaires, a énoncé leurs griefs ce mercredi sur RMC.

Les collaborateurs parlementaires du Sénat ont protesté mardi contre la précarité de leur statut en scandant devant l'entrée du Palais du Luxembourg: "Nous ne sommes pas des Penelope". Les manifestants, de gauche et de droite, au nombre d'une centaine et auxquels s'étaient mêlés des sénateurs socialistes, communistes, écologistes ou PRG, entendaient en même temps dénoncer "le plan social silencieux" qui les frappera à l'occasion des élections législatives de juin et sénatoriales de septembre: quelque 1.300 d'entre eux risquent d'être licenciés en raison des résultats électoraux, 1.000 à l'Assemblée et 300 au Sénat.

"Nous ne sommes pas rémunérés à hauteur de 8.000 euros par mois. Quand on est licenciés, nous n'avons pas des rétributions à hauteur de 29.000 euros. Nous avons un vrai métier. Or l'affaire Penelope Fillon donne une image très négative de celui-ci", dénonce sur RMC Camille Naget, trésorière de la CGT – Collaborateurs parlementaires. "Nous avons donc profité du moment où le projecteur est mis sur ce que font les collaborateurs parlementaires pour nous faire entendre, poursuit-elle. Car on a notamment pu entendre que notre travail n'était pas tangible. Ce qui n'est pas du tout le cas".

"Important de rétablir la vérité"

"On a aussi voulu mettre la lumière sur des revendications que nous avons depuis plusieurs mois, voire plusieurs années", souligne encore celle qui est elle-même collaboratrice parlementaire de Jean-Pierre Bosino, sénateur (PC) de l’Oise. Parmi ces griefs, l'absence d'instance de dialogue social, de comité d'entreprise ou encore de convention collective alors même qu'ils sont salariés comme tout un chacun. "Nous sommes des salariés comme les autres, des salariés de droit privé. C’est-à-dire que chaque parlementaire est à lui seul une TPE, qui embauche entre un et trois salariés".

"Pour ma part, je gagne 2.000 euros net par mois. J'ai un master (bac +5). J'ai un complément d’ancienneté qui s'élève à 50 euros par mois pour chaque année. Ce qui veut dire que j’ai commencé à 1.950 euros par mois. J'ai aussi un treizième mois, une mutuelle. Je paye 6,70 euros pour déjeuner à la cantine du Sénat mais je ne partage pas la table des Sénateurs. Je suis donc loin de tous les avantages que l'on nous prête, ajoute Camille Naget. C'est important de rétablir la vérité. En réalité, on ne proteste pas contre notre statut mais pour en avoir un meilleur. Par exemple, officiellement nous travaillons 35 heures par semaine mais on les dépasse largement. Or, les heures supplémentaires ne sont pas payées…"

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin