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Procès Fiona: "On voudrait avoir des réponses pour être soulagé et passer à autre chose"

Fin de la première semaine du procès de l'affaire Fiona dans le Puy-de-Dôme. Ce jeudi, la mère de la fillette de 5 ans et son ex-compagnon ont raconté leurs versions de la dernière nuit où la fillette est morte, en mai 2013 à Clermont-Ferrand. Une audience loin de satisfaire la famille de Fiona.

Son corps n'a toujours pas été retrouvé. Et près une semaine de débats mouvementés, où les accusés ont été confrontés à leurs mensonges, où un médium est venu témoigner à la barre... difficile de déterminer qui a porté le ou les coups mortels sur la petite Fiona, morte en mai 2013 à Clermont-Ferrand. Ce jeudi, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf étaient interrogés sur les faits lors de ce quatrième jour de procès devant les assises du Puy-de-Dôme.

La mère de Fiona est restée mutique à l'inverse de son ancien compagnon Berkane Makhlouf, qui s'est exprimé devant les jurés. Leurs deux récits, ponctués de "Je ne sais pas, je ne me souviens pas..." ont agacé l'avocat général et la famille de Fiona. Dans un long monologue, Berkane Makhlouf a détaillé le moment où il retrouve le corps de Fiona sans vie, comment il essaye de la ranimer avant de la laver puis de l'emporter dans un sac de voyage pour aller l'enterrer.

"Je suis pessimiste"

Une scène qui a figé la Cour d'assises mais un éclair de sincérité pour Mohamed Khanifar, son avocat: "C'est une journée importante parce qu'on commence à gratter le vernis des choses. Lorsqu'il raconte des scènes, il nous les fait vivre dans la sincérité, la découverte du corps de Fiona et les premiers gestes de secours qu'il a pu accomplir". Mais cet épisode n'a pas provoqué le déclic attendu. Aucune révélation sur les coups qui ont causé la mort de la fillette, ni sur un endroit où elle aurait été enterrée.

Ce que déplore Charles Fribourg, l'avocat de Nicolas Chafoulais, le père de Fiona: "Je vous le dit depuis le premier jour, je suis pessimiste. On n'est toujours pas convaincu. Ce sont des histoires invraisemblables qui démontrent toujours qu'on a une forme de pacte entre eux. On se protège, on se préserve". Mais Maud Vian, qui défend, elle, le père de Cécile Bourgeon, ne perd pas espoir: "Je pense qu'on est impatients et qu'on attend beaucoup, beaucoup, beaucoup. Mais comme pour tout. On voudrait avoir des réponses pour être soulagé et passer à autre chose. Peut-être qu'au fil des jours, on arrivera à une petite vérité ou en tout cas quelque chose qui tende à la vérité". Ce vendredi le tribunal va entendre les voisins du couple Bourgeon/Makhlouf et les témoins qui ont cru à l'enlèvement de Fiona dans le parc de Clermont-Ferrand.

M.R avec Gwenaël Windrestin