RMC

Racisme dans la police en France: "On commence à reconnaître l'existence d'un problème"

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, était l'invité de RMC ce mardi matin, jour d'une manifestation organisée en hommage à George Floyd.

De nombreux Français se mobilisent contre le racisme et les violences policières en écho à la mort de George Floyd aux Etats-Unis. Dominique Sopo, président de SOS Racisme était l'invité de RMC ce mardi matin. Une journée qui sera marquée par des manifestations organisées en hommage à George Floyd, qui sera enterré aux USA ce mardi. Une mort en forme symbole qui pourrait changer le Monde?

"C’est possible car vous savez les luttes pour l’égalité parfois reprennent, de façon surprenante, à partir d’éléments inattendus. Peut-être qu’on est autour d’un réveil d’une conscience anti-raciste car ces dernières années l’ambiance des attentats a mis la lutte pour l’égalité sur le côté. Il y a peut-être un réveil de la jeunesse", note Dominique Sopo.

"C’est pas parce que c’est plus violent, que c’est pire ailleurs, qu’il n’y a pas à faire dans nos sociétés"

Alors que les nuances autour de la mort de George Floyd et sa transposition aux affaires françaises de violences policières sont axées sur le rapport différent au racisme aux USA et en France, Dominique Sopo estime que ce n'est pas une raison de négliger le problème.

"George Floyd est une victime du racisme qui existe de façon spectaculaire aux USA. C’est pas parce que c’est plus violent, que c’est pire ailleurs, qu’il n’y a pas à faire dans nos sociétés. Il faut progresser sur l’égalité entre les hommes et les femmes quand bien même ce serait pire ailleurs dans le monde !"

"On commence, avec l’avalanche de révélations, de faits, de témoignages, à dire qu’il y a un problème"

Le président de SOS Racisme salue une sorte de prise de conscience de la jeunesse qui a manifesté en nombre mardi dernier à l'appel du collectif de soutien à Adama Traoré, mort lors d'une intervention de gendarmerie il y a quatre ans.

"On commence à reconnaître l'existence d’un phénomène. On commence, avec l’avalanche de révélations, de faits, de témoignages, à dire qu’il y a un problème. Même si pour l’instant on continue à persister que ce sont des cas individuels.
La question n’est pas de savoir si 100% des policiers sont racistes, évidemment que non. Mais à partir du moment où on ne traite pas un phénomène on le laisse se propager et pourrir une situation. Le racisme c’est quelque chose de violent au quotidien. Parfois les gens ne comprennent pas bien comment ça peut détruire des personnes."
J.A.