RMC

Tirs de mortiers dans un parc pour enfants à Paris: "C'est de pire en pire" confie une habitante désespérée sur RMC

TEMOIGNAGE RMC - Les images d'une rixe entre bandes à Paris à coup de mortier en présence d'enfants ont choqué les habitants du 19e. Le maire reproche aux témoins de la scène de ne pas avoir prévenu la police qui elle assure être presque impuissante face au phénomène.

Le jardin Rébéval dans le 19e arrondissement était rempli de familles et de bambins ce vendredi après-midi quand une rixe entre jeunes à coups de mortier a éclaté effrayants enfants et parents. Sur des images postées sur les réseaux sociaux ont peut voir des jeunes courir tandis que l’on entend des détonations et que des feux d’artifice quadrillent le parc. Les personnes présentes dans le parc tentent elles de s’enfuir.

"Ça fait huit ans que je vis ici, c'est de pire en pire", témoigne sur RMC Sophie, une habitante du quartier témoin de la rixe. "C'est récurent mais c'est habituellement en soirée. Dans l'après-midi, après l'école, dans un parc et tirer en présence d'enfants, ce n'est plus possible", ajoute-t-elle précisant qu'elle ne se rendra plus dans le parc.

"On peut blesser gravement quelqu’un avec un mortier"

La préfecture de police assure de son côté qu’il s’agit d’une rixe entre bandes: "C’est l’importation dans Paris intra-muros de phénomènes courants en petite et en grande couronne. Le 14 juillet et au nouvel an les pompiers et les policiers sont littéralement bombardés de mortiers", explique sur RMC Patrice Ribeiro secrétaire général du syndicat de Police Synergie Officiers, précisant que les événements filmés dans le 19e montrent deux bandes connues des services de police.

Le mortier est une sorte de feu d’artifice censé être utilisé pour tirer en l’air mais qui peut être utilisé de manière horizontale en visant une personne : "On peut blesser gravement quelqu’un ou le brûler", précise Patrice Ribeiro qui ajoute que ces mortiers se trouvent très facilement sur internet notamment.

"Un gamin est mort en octobre 2018 lors d’une rixe entre ces deux bandes"

Les événements de vendredi n’ont occasionné aucune interpellation: "Au commissariat personne n'a été mis au courant de ces événements. Je comprends que les gens soient extrêmement choqués mais lorsque l'on assiste à des faits d'une telle gravité, à une scène de violence, quand il y a mise en danger, le premier geste doit être d'appeler la police", assure au Parisien François Dagnaud, le maire PS de l’arrondissement.

"La mairie nous reproche de ne pas appeler le 17, mais on l'a fait", répond Sophie, l'habitante du quartier témoin de la rixe. "On a vu les voitures de police arriver, on n'allait pas rappeler la police. On est culpabilisés, c'est à nous qu'on fait les reproches", précise-t-elle ajoutant avoir envie de déménager.

"Ces choses-là se déroulent très vite", explique Patrice Ribeiro. "Un gamin est mort en octobre 2018 lors d’une rixe entre ces deux bandes. Il y a eu des interpellations mais les affrontements ont continué. Ceux que l’on voit sur les vidéos sont des mineurs et ils savent qu’ils ne risquent rien. Certains vont être interpellés puisqu’on va les identifier mais ça va se terminer par un rappel à la loi ou une convocation ultérieure. Ce sont des enfants issus de familles monoparentales il n’y a aucune autorité et ils ne reconnaissent aucune autorité".

Et pour endiguer le phénomène, le policier plaide pour une réponse coordonnée avec la justice en prononçant des sanctions adaptées pour les jeunes concernés, sans forcément passer par la case prison.

Guillaume Dussourt