RMC

Trois surveillants poignardés par un prisonnier islamiste dans le Pas-de-Calais

RMC
L'agression s'est déroulée ce jeudi à la prison de Vendin-Le-Vieil.

Selon nos informations, une attaque a eu lieu aujourd'hui dans la prison de Vendin-Le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Un détenu condamné pour des faits liés au terrorisme s'en est pris à trois surveillants. 

Placé à l'isolement, l'homme s'est jeté sur eux lorsqu'ils ont ouvert la cellule. Il aurait tenté de les poignarder à la gorge et à la tête, selon les premiers éléments. L'un des surveillants aurait été touché plus gravement.

Le détenu, Christian Gantzarski, âgé de 52 ans, a été condamné en février 2009 à 18 ans de prison par la cour d'assises spéciale de Paris pour complicité dans l'attentat de la synagogue de Djerba, en Tunisie, en 2002.

D'origine polonaise, l'homme s'est rendu à la fin des années 1990 à plusieurs reprises en Afghanistan dans des camps d'entrainement d'Al-Qaïda, où il aurait rencontré Oussama Ben Laden. Ancien responsable de la maintenance et du cryptage des réseaux de communication d'Al-Qaïda, il finissait de purger sa peine et risquait de "faire l'objet d'une extradition vers les États-Unis", selon Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires.

Le parquet antiterroriste a annoncé se saisir de l'enquête, jeudi soir.

Colère des syndicats pénitentiaires

"Ce qui s'est passé à Vendin-le-Vieil est absolument inadmissible. Ce détenu était libérable le 24 janvier. Il avait été informé qu'il risquait d'être extradé vers les États-Unis dans le cadre de l'enquête sur le 11-septembre (2001)", a affirmé M. Forget. "Il avait été placé à l'isolement, avec des mesures renforcées après des écoutes qui laissaient penser à un passage à l'acte imminent. Et parce qu'il s'est tenu à carreau, les mesures isolement ont été réduites lundi par le chef d'établissement", a-t-il poursuivi. 

Ce même chef d'établissement auquel a été confié "la gestion à venir du terroriste le plus surveillé de France... ça promet!", a renchéri un tract de son organisation publié dans la soirée.

L'Ufap-Unsa réclame depuis des mois un isolement complet des détenus radicalisés les plus dangereux du reste de la population carcérale et la construction de "petits établissements ultra-sécurisés".

Selon l'administration pénitentiaire, les prisons françaises comptaient fin décembre 504 détenus (prévenus ou déjà condamnés) incarcérés pour des faits de terrorisme et environ 1.200 personnes considérées comme radicalisées, majoritairement dans les établissements de la région parisienne.

Céline Martelet et X.A