RMC

Youssouf Fofana de retour devant la justice: "Ça va mal se passer, il va éructer, il va insulter"

Youssouf Fofana, le chef du "gang des barbares", est jugé à partir de ce mardi pour une quarantaine d'affaires ciblant des chefs d'entreprise et des personnalités. Il est déjà condamné à la perpétuité pour l'assassinat d'Ilan Halimi.

Youssouf Fofana comparaît à nouveau devant la justice ce mardi matin. Le chef du "gang des barbares" déjà condamné à perpétuité pour le meurtre d'Ilan Halimi, il y a 10 ans, est jugé pour des tentatives d'extorsion de fond accompagnées de menaces de mort contre 42 personnes. Parmi les plus connues figurent l'ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman, l'ex-patron d'Arte, Jérôme Clément. On trouve aussi des chefs de grandes entreprises comme les présidents des directoires de BMW ou Conforama, les PDG de Toshiba France, BUT, IBM France ou Rolex. Ces faits remontent à 2002-2004.

Cette comparution se déroulera sous haute surveillance. Youssouf Fofana sera dans un box, fermé et vitré. Et selon l'avocat Joseph Cohen-Sabban, partie civile dans ce procès, il faut s'attendre à des dérapages: "Ça va mal se passer. Il va éructer, il va insulter. Au bout d'une heure, il va se faire virer de la salle d'audience, parce que ça ne sera pas supportable".

"Très vindicatif et très dangereux"

Des craintes qui ont poussé une partie des parties civiles à ne pas participer au procès. Les surveillants pénitentiaires chargés de son cas, vont dans le même sens. "C'est un détenu qui est très vindicatif et très dangereux. Il profère pas mal de menaces. Les agents qui travaillent avec ce détenu doivent travailler avec des tenues complètes: pare-cou, jambières, casques et gants", explique Yoan Karar, délégué FO Pénitentiaire.

Détenu dangereux aussi parce qu'il est aujourd'hui très radicalisé: "C'est un détenu qui est signalé pour ses rapports avec l'Etat islamique. Il est toujours dans cette mouvance, il n'est pas du tout dans une voie de déradicalisation", juge-t-il encore.

Et ce que craignent ses surveillants, c'est que Youssouf Fofana se serve de son procès, comme une tribune pour défendre ses idée pro-Etat islamique.

P.B. avec Thomas Chupin et Claire Andrieux