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Dans son fief du Finistère, "les gens ont-ils encore confiance en Richard Ferrand? Je ne crois pas"

Dans la 6e circonscription du Finistère, Richard Ferrand fait campagne pour les élections législatives. Le ministre de la Cohésion des territoires est fragilisé par les révélations du Canard Enchaîné qui a pointé un montage financier légal au profit de sa femme. RMC s'est rendue sur place.

Loin des micros et des caméras, Richard Ferrand discute avec ses électeurs sur un marché de Plonévez-Porvay dans le Finistère. Le ministre de la Cohésion des territoires est candidat dans la 6e circonscription du Finistère. Le sourire est un peu crispé, mais il ne se dit pas inquiet après les révélations du Canard Enchaîné: "Les gens me connaissent, ils savent mon travail, ils savent mes convictions, et ils savent mon honnêteté. Par conséquent, je fais campagne tranquillement mais avec motivation parce qu'une campagne, c'est toujours un moment où il faut être au charbon, sur le terrain, et plein d'énergie, ce que je suis".

Entre deux clients, sur le marché de la ville, Pierre aime parler de politique. Il défend Richard Ferrand et soutient qu’il n’y a pas d’affaires: "Quand on arrive à la tête d’un pays, automatiquement, il y a des gens qui cherchent des affaires pour mouiller les politiques. Mais il n'y a aucune preuve là-dedans".

Denis est vendeur de spiritueux. Pour lui, Richard Ferrand reste l’homme de la situation: "Il est très bien perçu. Et puis avoir un ministre sur notre secteur, c'est une bonne chose".

Mais tous ne sont pas du même avis. Gérard, militant socialiste, votera pour Nathanaël Legeard, le candidat soutenu par le PS et par EELV. Il se dit dégoûté par les révélations du Canard Enchaîné: "Ce n'est pas moral. Nous les retraités avec 800, 900, 1000 euros de retraites et ceux qui bossent au Smic, ça nous révolte".

"Les gens ont-ils encore confiance en Richard Ferrand? Je ne crois pas"

Une colère qu'a notée Gaëlle Nicolas, la maire de Châteaulin. Opposante à Richard Ferrand, la candidate Les Républicains note un changement de ton chez les électeurs: "Moi, j'ai entendu beaucoup parler de cela. Soit sur un ton sarcastique, mi-humoristique, mais on sait que derrière c'est quelque chose qui ne passe pas. Ce qui ne passe pas, c'est cet enrichissement personnel du couple Ferrand. Aujourd'hui, il y a une véritable volonté de moralisation, d'avancer, de modifier les pratiques politiques et c'est ce que nous proposons".

Christian Troadec est maire de Carhaix et lui aussi candidat dans cette circonscription sous l’étiquette Oui la Bretagne. Il est en certain, le ministre Ferrand perdra son poste: "Après ces révélations, les gens sous le choc ont-ils encore confiance en Richard Ferrand? Je ne crois pas. Surtout à l’heure où le ministre de la Justice entend présenter une loi de moralisation de la vie publique le 7 juin, je pense qu’il y aura une drôle d’ambiance autour de la table des ministres. Non, ça n’est pas tenable".

Richard Ferrand lui l’assure: il sera bien présent au 1er tour des législatives prévu le 11 juin.

P.B. avec Julien Chéhida