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Elections européennes: l'abstention, premier parti de France?

A une semaine des élections européennes, les sondages donnent un taux d'abstention qui pourrait atteindre 60%. La cause: une sensation de flou autour du vrai enjeu du scrutin.

Les européennes restent les élections les plus-mal aimées des Français. Depuis 20 ans, moins d'un électeur sur deux se déplace pour choisir les eurodéputés. Plus faible mobilisation historique: 40,6% de participation en 2009 et malgré le léger sursaut de 2014, les électeurs sont toujours plus nombreux à bouder les urnes. Depuis 1979, année des toutes premières européennes, la participation n'a jamais dépassé 60%.

Plusieurs spécialistes expliquent ces chiffres par une méconnaissance des institutions en Europe et les faibles conséquences politiques du scrutin, comme l'explique le politologue Benjamin Morel:

"D'abord ce sont des élections intermédiaires et les Français se mobilisent peu pour les élections intermédiaires, quelles qu'elles soient. Le deuxième facteur, c'est leur illisibilité, il est difficile de cerner les enjeux des élections européennes, il y a un sentiment que ces élections ne vont pas changer grand-chose, ce qui n'est pas non plus tout à fait faux et qu'à partir de là, il n'est pas tout à fait nécessaire de se déplacer pour une élection dont la lisibilité est limitée et dont les conséquences politiques apparaissent également limitées, si ce n'est d'un point de vue symbolique au niveau national".

Mais les Français ne sont pas les moins motivés par les européennes: historiquement, les électeurs hollandais ou portugais se mobilisent moins. Sans parler de la République tchèque ou de la Slovaquie, où la participation n'a pas dépassé 20% en 2014.

Paul Barcelonne avec Paulina Benavente