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L'Arcom saisie après la prise à partie du député Louis Boyard par Cyril Hanouna

Un échange verbal violent en direct entre Cyril Hanouna et le député Nupes-LFI Louis Boyard sera "examiné" par l'Arcom (organisme né de la fusion du CSA et de Hadopi).

L'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel, a indiqué vendredi à l'AFP avoir été saisi après l'échange houleux jeudi soir entre l'animateur Cyril Hanouna et le député LFI Louis Boyard dans l'émission "Touche pas à mon poste" sur C8.

"Nous sommes saisis et nous allons examiner la séquence au regard des obligations de l'éditeur", a indiqué l'Arcom à l'AFP, sans préciser si la saisine émanait de LFI ou de téléspectateurs.

"Ce qui s'est passé ce (jeudi) soir sur 'Touche pas à mon poste' est gravissime (...) Nous saisissons l'Arcom", avait déclaré jeudi soir sur Twitter la présidente des députés LFI Mathilde Panot. L'échange houleux d'une dizaine de minutes a eu lieu lors d'une séquence de l'émission consacrée à l'accueil du bateau de migrants Ocean Viking.

"T'es une merde"

Invité sur le plateau, Louis Boyard, élu député en juin et ancien chroniqueur de l'émission, a pointé du doigt les "cinq personnes les plus riches" de France, qui selon lui "appauvrissent l'Afrique". Il a cité le milliardaire Vincent Bolloré, actionnaire de sociétés en Afrique et propriétaire du groupe Canal+, auquel appartient C8.

"Tu es dans le groupe Bolloré ici", a répliqué Cyril Hanouna. "Bolloré t'a donné de l'argent puisque t'étais chroniqueur ici (et) ça te dérangeait pas", a-t-il poursuivi, en accusant le député d'avoir voulu "faire un coup d'éclat".

Le ton est progressivement monté. "T'es une merde", a notamment lancé l'animateur au député, après l'avoir traité de "bouffon" ou de "tocard". Louis Boyard, lui, a accusé M. Hanouna d'être "un irresponsable" qui fait "du mal à la France". Le député a finalement quitté le plateau sous les huées du public.

Le 28 octobre, dans le cadre d'une autre polémique, l'Arcom avait indiqué instruire "plusieurs séquences" de "Touche pas à mon poste" (TPMP) signalées par des téléspectateurs après des propos de Cyril Hanouna sur le meurtre de l'adolescente Lola, tuée à Paris le 14 octobre.

"Si on a toutes les preuves, c'est perpétuité direct. Je suis désolé. Il n'y a pas d'altération ni de non-discernement", avait notamment déclaré le 18 octobre Cyril Hanouna sur le plateau de TPMP. Ses positions avaient été qualifiées de "négation de l'Etat de droit" par le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti.

Avec AFP