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Le français obligatoire sur les chantiers? "On rétablit l'équité au profit des entreprises locales"

Le maire de Chalon-sur-Saône veut imposer le français sur les chantier pour lutter contre les travailleurs détachés.

Le maire de Chalon-sur-Saône veut imposer le français sur les chantier pour lutter contre les travailleurs détachés. - Philippe Huguen - AFP

Le maire Les Républicains de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, souhaite rendre obligatoire l'usage du français sur les chantiers. Invité de RMC lundi, il explique vouloir ainsi renforcer la sécurité et lutter contre l'emploi de travailleurs détachés au détriment des salariés locaux.

Sur les chantiers de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret ne veut entendre que du français. Le maire Les Républicains de la ville a présenté jeudi son initiative, et souhaite imposer l'usage du français sur les chantiers de sa ville. Il invoque d'abord "une mesure sécuritaire". Beaucoup d'ouvriers sur les chantiers de sa ville de bourgogne ne parleraient pas français.

"Lorsque vous avez des ouvriers qui ne maîtrisent pas la langue dans le pays où ils travaillent et c'est le cas des ouvriers détachés des autres pays membres de l'Union européenne, vous créez des problèmes de sécurité sur le chantier. Un casque ça ne suffit pas pour préserver la sécurité", estime-t-il.

Pour Gilles Platret, imposer le français permettrait surtout de freiner l'embauche de main d'oeuvre étrangère. Selon la commission de lutte contre le travail illégal, les travailleurs détachés de l'Union européenne étaient 230.000 en France en 2014. Pour ces travailleurs, les charges qui s'appliquent sur leurs salaires sont ceux du pays d'origine. Cela "crée des situations de dumping social au détriment des entreprises locales qui font appel à de la main d'oeuvre locale", estime Gilles Platret qui a vu l'exemple se produire dans sa commune.

"Il y a quelques années, pour un énorme chantier de construction d'un hôpital, on a fait appel à des ouvriers polonais, ça aurait parfaitement pu être accompli par des travailleurs locaux, simplement le groupe qui travaillait sur ce chantier-là a trouvé ça intéressant financièrement de faire appel à cette main d'oeuvre", poursuit le maire de Chalon-sur-Saône. 

Un "positionnement politique" pour l'opposition

Imposer le français sur les chantiers permettra selon lui de favoriser les ouvriers de la région. "S'il n'y a pas de compréhension du français, on exigera que l'entreprise emploie un interprète", assure le maire. Un coût supplémentaire qui pour lui rétablira "l'équité au profit des entreprises locales".

Le président de la fédération du bâtiment de Saône-et-Loire a publié un communiqué dans lequel il se dit "agréablement surpris" par l'annonce de Gilles Platret. Mais pour l'opposition, le maire de Chalon-sur-Saône n'aborde pas le problème dans sa globalité. "Imaginer que la lutte contre le travail détaché se résume à la question de la maîtrise de la langue française sur un chantier me paraît être le tout petit bout de la lorgnette", estime Christophe Sirurgue, député socialiste et conseiller municipal d'opposition à la mairie de Chalon-sur-Saône. Pour lui, il s'agit uniquement d'un "positionnement politique de la droite décomplexée".

C. B avec Antoine Boyer